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contexte Ségrégation - La Nouvelle-Orléans
Ballian  

le 14 Mai [138]

  

Après la guerre de Sécession d’avril 1861 à avril 1865, s’ouvre la période dite de « Reconstruction » dans le Sud des Etats-Unis, couronné par le 13ème et 14ème amendement et par l’Acte des droits civils (Civil Act Right) de 1875. Toutefois, se mettent aussitôt en place dès 1876, des lois, ou des arrêtés, promulgués par les Etats du Sud distinguant les citoyens selon leur appartenance raciale et imposant la ségrégation dans les lieux et services publics (ce qu’on appellera plus tard les lois « Jim Crows »). Par ailleurs, la Cour suprême américaine abroge en 1883 l’Acte des droits civils qui interdisait toute discrimination raciale, et en 1896, la même Cour officialise la Ségrégation dans les transports publics via l’arrêt Plessy v. Fergusson. A cette occasion, elle élabore la théorie du « séparés mais égaux ».
- le logement
En Louisiane, on ne peut occuper un appartement dans un immeuble où vivent déjà des membres de l’autre race. La seule exception concerne ceux employés comme domestiques. Les services municipaux refusent le permis de construire aux non-blancs qui veulent faire construire dans des quartiers blancs. Si un noir vit dans un immeuble de blancs, il risque des « ennuis » avec la police : en général, il sera accusé d’attentat aux bonnes mœurs (disorderly conduct). Tout aussi efficace, la commission immobilière d’un Etat peut révoquer les licences d’agences immobilières si elles vendent des propriétés blanches à des noirs. Enfin, est pratiqué aussi le zoning de la terreur par le KKK (en dehors de la Nouvelle-Orléans) : lettres de menaces, coup de téléphones injurieux et menaçants, voire même dynamitage de maisons.
- le travail
Les noirs sont extrêmement majoritaires dans les professions de domestiques, portiers, manœuvriers, cuisiniers, garçon de course etc… et inversement, il n’y a quasiment aucun noir chez les conducteurs de bus, chaudronniers, employés du télégraphe, comptables etc.. Et si un noir traîne sans travail, il risque d’être inculpé de vagabondage et d’être envoyé dans des camps de travail (digne du temps de l’esclavage) pour récolter coton, térébenthine, agrumes…
- éducation
Dans 17 Etats du Sud, il est interdit de fréquenter une école publique ou privé en compagnie de personnes de races différentes. En Louisiane, plus précisément, la ségrégation scolaire est obligatoire à tous les niveaux scolaires. Environ 92.5% des blancs sont allés à l’école primaire, mais seulement 58% des noirs.
- droit de vote
L’axiome majeur dans les Etats du Sud est : « le droit de vote est l’affaire du Blanc ». Les noirs ont pu voter pendant une dizaine d’années à la sortie de la guerre, puis ont été dépouillés de leurs droits par le règne de la terreur du KKK et par les pratiques électorales des Etats (en général il faut payer une capitation, excluant de fait les plus pauvres, les noirs et même une partie des blancs). En Louisiane, seul 2 à 3% des noirs votent et pour moitié à la Nouvelle-Orléans. Dans cet Etat, on exige d’un futur inscrit qu’il se fasse accompagner d’un « répondant », c'est-à-dire d’un électeur inscrit se portant garant de son honnêteté et probité morale. Par ailleurs, s’inscrire sur une liste électorale s’est aussi prendre le risque de se faire passer à tabac, de prendre un coup de couteau ou de se faire licencier par son patron blanc.
- mariage
Dans les Etats du Sud, il est illégal que deux personnes de races différentes se marient et aient des enfants. Toutefois en Louisiane, un mariage interracial légal intervenu dans un autre Etat est reconnu légalement (mais reconnu comme non légal par exemple par la Caroline du Nord, le Texas, le Mississippi). De même, les relations sexuelles, la cohabitation et concubinage entre noirs et blancs est interdit.
- Yankee-talker
Un Yankee-talker est celui qui n’observe pas en parole et comportement l’étiquette du Sud. Comme on dit dans les Etats du Sud, « un bon nègre est celui qui connaît sa place et qui y reste ». Et un blanc aurait aussi tout intérêt à respecter les codes du Sud.
Un blanc ne dit jamais « monsieur » ou « madame » à un(e) noir(e) mais l’appelle toujours par son prénom. S’il ne connaît pas nom, il l’appellera « mon garçon » ou « grand-père » s’il s’agit d’une personne âgée. Inversement, un noir appelle toujours un blanc « monsieur Smith » ou « madame Smith » et s’il ne le connaît pas, on attend de lui qu’il appelle le blanc « Patron » ou « Capitaine ». Un noir ne serre jamais, oh grand jamais, la main d’une blanche (c’est risquer sa propre vie) et seul un blanc peut lui serrer la main et jamais de l’initiative du noir.
Lorsqu’un blanc et un noir se voient, c’est dans la cour de la maison, sur les marches du perron, sous le porche etc…. Il est inconcevable qu’un noir s’assoie dans le salon d’un blanc (éventuellement, il va s’asseoir dans le hall ou dans la cuisine) ; par contre, l’étiquette autorise un blanc à s’asseoir chez un noir là où il a envie et sans attendre que l’on l’y autorise.
Un noir se découvre toujours lorsqu’il parle à un blanc ; le refus de se plier à cette coutume est la cause de nombreuses violences.
Enfin, il n’est pas prudent pour un noir de traîner dans les rues des quartiers résidentiels le soir. Il risque d’être très vite interpellé, interrogé et mis en état d’arrestation.
Toutefois, il est bien certain qu’à la Nouvelle-Orléans, particulièrement dans le centre-ville, la ségrégation est beaucoup plus souple (hormis dans les transports), même si le racisme reste latent.

Source : Introduction à l’Amérique raciste de Stetson Kennedy, édition du Seuil
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contexte Louisiane - la Nouvelle-Orléans
Ballian  

le 14 Mai [121]

  

Code noir, esclavage, gens de couleur --
Un « code noir » a été appliqué en Louisiane en 1724, régissant les rapports entre esclaves et maîtres blancs. Il s’agit d’une version assouplie du fameux code noir de Colbert (1689). Le code mentionne l’obligation d’une instruction religieuse et moral pour les esclaves, le repos dominical obligatoire et fêtes religieuses, encourage l’affranchissement et interdit les traitements barbares. L’affranchi, une fois libre, a les mêmes droits et privilèges que les gens nés libres. Le code interdit les relations sexuelles entre maîtres et esclaves de même qu’entre races différentes. Ce dernier point n’a jamais eu beaucoup d’effet…
De 1769 à 1805, les noirs libres passent de 7% à 33% de la population totale. Le début du XIXème siècle voit l’émergence d’une classe moyenne de « gens de couleurs libres » (free people of color). Pour l’immense majorité, la plupart de ces noirs sont des métis. En 1860, 80% des noirs sont esclaves et inversement, 70% des mulâtres sont libres dans l’Etat de Louisiane. L’immense majorité des gens de couleurs libres vivaient et vivent toujours dans le faubourg Marigny ou celui du faubourg Tremé, au-delà de Rampart Street.
Ils exercent alors des métiers comme maçon, charpentier, mais aussi médecin, ingénieur, architecte, et se revendiquent pour la majorité comme catholique et francophone. Bien qu’ils n’aient pas accès aux écoles publiques, de nombreuses écoles privées se sont ouvertes tout au long du XIXème siècle pour y accueillir leurs enfants. Toutefois, avec la fin de la guerre de sécession et la mise en place de la ségrégation raciale, les créoles de couleurs perdent leurs privilèges : c’est un monde qui s’écroule. Ces gens de couleurs libres se retrouvent ainsi associés avec le prolétariat noir, anglophone et protestant, qui venait d’être affranchi à l’issue de la guerre. Néanmoins, les créoles de couleur ont gardé un certain style de vie, une certaine éducation, et les créoles blancs sont certainement culturellement plus proches d’eux que des WASP américains.

« Plaçage », bal des quarteronnes –
Bien que les mariages et les relations sexuelles interraciaux soient interdits, un système appelé le « plaçage » ou « mariage de la main gauche » s’est rapidement mis en place en Louisiane française. Plusieurs raisons ont entraîné de facto des relations entre hommes blancs et femmes noires : le déséquilibre homme/femme de race blanche, le fait que ces mariages étaient arrangés par les familles sans que les enfants aient leur mot à dire, que les femmes noires esclaves avaient plus de chance de survie que les hommes, qui eux travaillaient dans les champs, ou encore, « la chaleur du climat [qui] irrite les désirs » selon Moreau de Saint Méry (Description de la partie française de St Domingue, 1796).
Des jeunes hommes blancs se mirent donc à entretenir des relations avec des femmes noires et si possible avec celles ayant déjà du sang de blanc dans les veines (et donc une couleur de peau plus claire : les mulâtresses ont ½ de sang blanc et ½ de sang noir, les quarteronnes ont ¼ de sang noir et ¾ de sang blanc etc ). Ces femmes étaient « placées » dans des appartements à la Nouvelle-Orléans et entretenues financièrement. Elles choisissaient aussi le plaçage et ce type de relations, non pas forcément pour la sécurité financière, mais pour les avantages raciaux y découlant. Les enfants qu’elles avaient eu avec leurs amants blancs étaient quelquefois envoyés en France pour y suivre des études et, surtout, obtenaient une part de l’héritage du père (même si celui-ci était marié à une femme blanche)
Puis s’est mis en place les « bals de quarteronnes » où des blancs rencontraient des femmes libres de couleurs. Celles-ci usaient de leur charme, de leur beauté, de leur sexualité desquels dérivaient notoriété, statut et argent. Les mères des quarteronnes étaient présentes au bal, et jouaient le rôle d’entremetteuse, afin de placer leurs filles auprès des riches blancs. Le plus connu était le Bal du Cordon Bleu, qui avait lieu tous les ans à la Salle de bal d’Orléans, attenante au Théâtre d’Orléans. La beauté des quarteronnes était réputée jusqu’en Europe.

Sources :
- Problems with Plaçage: Historical Imagination and Femmes de couleurs libres in Colonial and Antebellum New Orleans de Philip Whalen
- Black Female Agency and Sexual Exploitation: Quadroon Balls and Plaçage Relationships de Noël Voltz (these)
See also: www.gensdecouleur.com
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Petit point sur les traitements psychotropes !
Wyrddin  

l 10/12/2019 [411]

  

Chers Ami.e.s Poulpiques,

Un petit article aujourd'hui pour vous mettre au point sur les thérapeutiques biologiques en psychiatrie.

D'abord on va être méga-simple, que ce soit en 1890 ou en 1920-1930, les neuroleptiques, les antidépresseurs (tout ce qu'on utilise aujourd'hui en gros) ça n'existe pas mais alors pas du tout !

En 1890, laissez un peu libre cours à votre fantaisie, c'est encore l'époque des sels, des fumigations, des bains glacés... En gros on à rien de rien pour traiter... et donc on n'hésite pas à faire usage de n'importe quoi (anecdote : c'est globalement l'époque de l'invention de la psychanalyse). En revanche, comme on n'arrive à pas grand chose, on décrit très bien, c'est donc l'époque "bête de foire" de la médecine et de la psychiatrie.

Ce qui existe en 1920-1930, c'est les barbituriques pour faire des "cures de sommeil" (c'est dans le nom) et les thérapies de "choc" c'est à dire des cures de Sakel (on provoque un coma avec de l'insuline et en vrai c'est dangereux et tout naze) et des électrochocs (fait n'importe comment sans anesthésie et pour tout et n'importe quoi, surtout la schizophrénie, à partir de 1938).

Ensuite à partir de 1950 (avec en premier en 1951 la chlorpromazine) c'est le début des médicaments qui ont un effet intéressant sans pour autant endormir ou mettre dans le coma mais qui permettent de diminuer l'angoisse et de créer un genre d'état d'indifférence qui est très utile chez les gens hallucinés ou délirants. C'est le début des neuroleptiques, qu'on utilise encore aujourd'hui (même si plus trop les mêmes) parce que, miracle, ils améliorent pas mal certains symptômes de psychose (notamment les sus-nommés hallucinations ou délires). On (re)découvre aussi les propriétés anti-maniaques (cf. article précédent) du lithium mais dosé en version bourrin (contrairement à aujourd'hui, ou ce traitement reste tout à fait d'actualité).

Vers les années 1960-1970 : développement de la pharmacopée, notamment début des traitements antidépresseurs, grosse période de mutations de l'institution psychiatrique (en gros grâce aux médicaments les patients autrefois incurables vont mieux et sortent des asiles). A ce moment là (pour de bonnes raisons) les électrochocs n'ont pas la cote...

... Cependant, on développe ensuite l'électro-convulsivo-thérapie (ECT) sur la même idée de base (neurostimulation par courant électrique) et qui se trouve être... le meilleur traitement de la dépression sévère mélancolique (mais qui se fait avec des courants très faibles, plus faible que pour faire repartir un cœur par exemple, et sous anesthésie générale au bloc) et, donc, pas du tout de la schizophrénie !

Après et jusqu'à aujourd'hui, c'est surtout le développement de médicaments avec moins d'effets secondaires qui marque les évolution principales. Et quelques techniques de neurostimulation plus ciblées (mais pour le moment moins courantes) que les ECT, j'ai nommé les Stimulations Magnétiques Transcrâniennes (TMS), la Stimulation Transcrânienne par Courant Direct (TDCS) et encore plus rare la Stimulation Cérébrale Profonde (DBS).

Voici chers ami.e.s !
N’hésitez pas si vous avez des questions, j'ai essayé de rester simple....

 
Mieux jouer la folie : PNJ "fou" 2 - Discours
Wyrddin  

l 15/03/2019 [964]

  

Vonv » l 02/05/2019

Jouez l’incohérence du discours de manière cohérente :

Très souvent, il faut bien le dire, le contenu majoritaire de ce qui se déroule autour d’une table de JDR passe par le discours. Dans le cas d’un PNJ « fou » il serait dommage de ne pas passer par le discours direct et l’incarnation, mais comment y arriver sans tomber dans le cliché ?

Déjà, comme je le disais dans le premier article, on évitera deux choses particulièrement délétères : dans le « contenant » du discours, on évitera les changement de voix caricaturaux ou les variations de tonalité qui n’apportent pas grand-chose et dans le « contenu » du discours on évitera le « n’importe quoi » qui part dans tous les sens.
En pratique un discours délirant/incohérent n’est pas non plus nécessairement ralenti ni accéléré. Ces deux aspects extrêmes qui correspondent au rythme du discours, sont plutôt l’apanage du syndrome dépressif et maniaque respectivement.

Voici trois types de discours "incohérent" avec des astuces pour bien les jouer :

- Désorganisation des idées : typique de la schizophrénie, c’est celui qui sera le plus difficile à bien jouer et à bien imiter. Il correspond à un « relâchement » des liens logiques et des associations d’idées. La pensée n’est pas forcément (voire pas du tout) accélérée mais parfois bloquée et « contaminée » par des interférences (qui peuvent être des voix que le patient écoute mais dont il ne parle pas toujours et auxquelles il ne répond pas !). C’est un type de discours qui peut être très perturbant à entendre. En pratique, il faut éviter à tout prix d’en faire quelque chose de comique et l’improvisation peut être difficile. Il ne doit idéalement pas être joué avec agitation et peut être plutôt calme, lointain et « embrumé ». Il faut le voir comme le discours de quelqu’un qui ne parle presque plus le même langage que ses pairs et qui ne se rend souvent pas compte qu’il n’est pas compréhensible. Les mots sont parfois utilisés pour un autre sens que le leur (paralogie), de façon tangentielle, comme si le sujet s’approchait d’un sens sans jamais l’atteindre, il est vague, flou, hermétique, et le malaise doit venir de l’impression qu’il n’est pas possible de vraiment se comprendre. On peut ajouter des pauses soudaines (barrages) et progressives après diminution du volume de la voix (fading) dont le sujet n’a pas conscience, avec une reprise du discours comme si de rien n’était. Il ne faut pas nécessairement placer une anomalie à chaque phrase et la désorganisation peut gagner à être plus discrète.

- Syndrome délirant : là ce n’est pas nécessairement la manière dont les idées sont exprimées qui est anormal mais véritablement leur contenu. Une idée délirante est une croyance erronée associée à une conviction forte et inaccessible au raisonnement habituel. En terme d’écriture du personnage il faut se poser la question de comment est construit son délire. Bien souvent, lorsqu’il existe une unique conviction délirante, le reste du discours peut être parfaitement normal (exemple, une petite mamie persuadée que sa sœur, avec qui elle est brouillée, l’empoisonne lentement aux métaux lourds et qui par ailleurs est une petit mamie tout ce qu’il y a de plus normal) il faut donc simplement imaginer l’effet de cette idée unique sur le reste de discours, (délire systématisé en secteur). Cependant, il peut exister un ensemble d’idées associées et organisées entre elles et « débordant » sur l’ensemble des champs de la vie comme une « théorie du complot » (délire systématisé en réseau) et finalement, on peut assister à une pensée délirante désorganisée (délire non systématisé), dont il n’est pas du tout possible d’extraire une logique interne. Gardez bien en tête ces trois niveaux d’organisation (secteur/réseau/non sytématisé) qu’il ne faut pas confondre et qui conditionnent beaucoup le discours. En pratique seul le dernier sera souvent associé à une désorganisation des idées. Un délire systématisé peut être parfois plus perturbant qu’un délire non systématisé, par le doute qu’il peut instiller chez les PJ sur sa possible réalité et dans ce cas, le discours en lui-même sera rarement désorganisé. La question plus détaillée du syndrome délirant est un point qui méritera un article à lui tout seul.

- Syndrome maniaque : apanage du trouble bipolaire, celui-là est finalement celui auquel on aura trop souvent tendance à ressembler à nos dépends et c’est dommage parce qu’il est plutôt (vraiment) comique et ses ressorts dramatiques sont assez modestes. Ici, le discours sera marqué par une accélération de la pensée et des association d’idées qui ne sont pas « relâchées » comme dans la désorganisation, mais qui vont très vite et reposent parfois sur des sons, des jeux de mot que le patient trouve amusants (ludisme). Il est souvent caractérisé par une désinhibition et une exaltation, parfois par une mégalomanie. Là le/la patient(e) à souvent conscience d’être drôle et en joue, sans limites, jusqu’à épuisement, ne dort pas, part dans tous les sens, il/elle est parfois irritable quand on veut l’arrêter mais parfois très sympa, avec des projets hyper ambitieux… Une forme particulière peut cependant être plus troublante et intéressante à jouer, c’est l’état mixte, c’est-à-dire la coexistence de cet état avec des idées très tristes et un risque suicidaire très important.

A très bientôt !...

 
Mieux jouer la folie : PNJ "fou" 1 - Ecueils
Wyrddin  

l 15/03/2019 [662]

  

Quoi ne pas jouer (ou pas trop en tout cas) ?

Plutôt que de viser un contenu encyclopédique aussi ennuyeux qu’inutilisable, cette série d'articles sur l'interprétation d'un PNJ "fou" lors d'une scène d'asile prendra la forme de listes thématiques de remarques, de symptômes ou de présentations cliniques susceptibles de créer de l’émotion chez les joueurs et de vous donner des idées.

Pour commencer, une fois n'est pas coutume, une petite liste des erreurs à ne pas (plus) faire :

- Les cris : les cris en psychiatrie c’est plus rare qu’on ne l’imagine, c’est beaucoup plus pénible qu’effrayant et ça peut vite tourner au ridicule (ça vaut pour le patient que vous allez jouer, quelques cris ambiants et lointains ne font pas de mal).

- La prise d’un ton de voix aigu ou bitonal ou le changement de ton de voix en cours d’entretien : en pratique, les patients en psychiatrie, même décompensés, n’ont pas vraiment plus de raisons que vous et moi de changer de ton de voix lorsqu’ils parlent, sauf peut-être dans un cas que je vous détaillerai…

- Le discours incohérent « n’importe quoi » : il y a plusieurs formes d’incohérence du discours en psychiatrie (fuite des idées, désorganisation de la pensée...) mais ça ressemble très rarement à « n’importe quoi », je vous ferai aussi un article plus détaillé là-dessus.

- La schizophrénie comme des personnalités multiples… les personnalités multiples ça existe mais pas du tout dans la schizophrénie et ce n'est pas du tout pareil, je vous détaillerai ça dans un article spécifique.

- Les hallucinations visuelles : très très rares en psychiatrie, les patient « voient » très rarement des choses qui ne sont pas là, il leur arrive de les « entendre » (beaucoup), de les « deviner » (parfois) mais presque jamais de les « voir », pensez-y ! Évidemment avec le Mythe c'est différent, mais sont-ils vraiment fous dans ce cas-là ?

- L'agressivité : en pratique, elle est plutôt rare et son origine est très souvent assez facilement identifiable, donc assez peu effrayante (comme tout ce qui est facile à expliquer) dans un contexte d'entretien. En l’occurrence (sauf dans un cas que je détaillerai aussi ailleurs) lorsqu'un(e) patient(e) fait preuve d'un comportement agité ou agressif c'est très souvent soit parce qu'il se sent menacé, soit parce qu'il se sent révolté contre une injustice ou le traitement qui lui est imposé, donc dans une réaction assez normale finalement. A utiliser avec parcimonie, donc.

J'enrichirai cette liste au fur et à mesure du temps. Il ne s'agit surtout pas de dire que jouer comme cela est "nul" et je suis sûr que la majorité d'entre vous évite déjà la plupart de ces écueils mais j'adresse ces conseils de base aux MJ débutant(e)s qui passeraient par là et plus généralement à tou(te)s les MJ qui souhaitent se renouveler !

A très bientôt pour la suite !...

 
Pourquoi, comment un jeu est réédité.
David  

l 04/07/2017 [2964]

  

Vonv » l 05/07/2017

Pourquoi, comment un jeu est réédité. Pourquoi, comment un jeu est déstocké. Et comment, pourquoi c’est finalement la même chose.

Un jeu qui est réédité, c’est un jeu qui a bien marché (c’est-à-dire qui s’est bien vendu. C’est une notion très relative en ce qui concerne le jdr, qui est un marché de niche, tous les chiens sans toits qui pratiquent le jeu de rôle — et ils sont nombreux — vous le diront). L’éditeur prudent qui ne pouvait pas prédire le succès du jeu n’en avait fait imprimer que x exemplaires et maintenant le jeu est en rupture de stock. Il pense alors qu’il pourrait en faire imprimer d’autres exemplaires tels quels sans que cela lui coûte un radis de plus à mettre dans le budget création. Mais pas mal de joueurs s’étaient plaints : tout n’était pas parfait dans la formulation des règles, des coupes claires avaient été pratiquées dans les exemples illustrant ces mêmes règles ou dans le background afin d’abaisser les coûts de production grâce à une pagination moindre et ils l’avaient signalé sur les forums de manière plus ou moins civilisée, polie et courtoise. L’équipe qui a conçu le jeu décide de tenir compte de leur avis. On ne va pas rééditer bêtement (cloner) le jeu à partir des fichiers sources. On va essayer de l’améliorer en tenant compte des retours des joueurs et sortir une nouvelle édition (non ce n’est pas un gros-mot).

Mais certains crient au scandale : comment ça, une nouvelle édition augmentée et nous on fait quoi, on le mérite pas, on a soutenu et financé la première édition en l’achetant dès sa sortie — et parfois même plusieurs années avant sa sortie. Oui l’éditeur nous doit tout et surtout sa bonne santé financière, car c’est sûr, lui et les auteurs du jeu ne pensent qu’à faire du fric — vous savez, les p•t•s et la c•k•, il faut bien les payer — en rééditant le bidule alors que la nouvelle édition elle est nulle on le sait — comment ça elle n’est pas encore sortie ? — en tout cas ce sera quand même nul et de toute façon une nouvelle édition ça ne sert à rien puisqu’on a tous déjà la première, non ? Et en plus nous, on n’aura pas les addenda. « On l’a bien dans l’os oui M’sieur ! » Du coup ils décident de boycotter cette nouvelle édition. C’est pour ça que tous les joueurs de l’Appel qui se respectent (pour prendre un exemple totalement au hasard) doivent uniquement jouer avec les règles de la première boîte (celle des années 80) et se contenter des scénarios édités par Jeux Descartes (ceux dont les pages se désolidarisent de la couverture qui est bien trop raide pour qu’on puisse lire le fascicule à son aise c’est à dire sans se démettre une épaule et sans avoir à s’astreindre à un périlleux strabisme con- (ou di-) vergeant).

Mais il y a aussi ceux qui ne se respectent pas, qui ont décidé de prendre le contrepied et d’acheter tous les suppléments de la gamme afin d’avoir la totale et remplir ainsi à ras-bord leurs bibliothèques modèle Billy de chez Monsieur IKEA, même s’ils doivent pour cela hypothéquer leurs enfants et placer leur maison à la DDASS (ou le contraire, je ne sais plus) et parfois vendre leur troisième rein ou leur cinquième membre. Et que je te photographie mes étagères et que je te poste l’image afin de gagner le concours organisé clandestinement sur le forum de l’éditeur afin d’élire celui qui a la plus grosse bi-
bliothèque. Et que je t’insulte parce que l’éditeur ne respecte pas la numérotation des bouquins dans l’ordre chronologique supposé canonique ou bien parce qu’une boîte viendra forcément faire désordre dans le strict et triste alignement des autres suppléments.

Un jeu qui est déstocké, c’est un jeu qui a moins bien marché (c’est-à-dire qui s’est moins bien vendu. C’est une notion très relative en ce qui concerne le jdr, qui est un marché de niche, tous les chiens sans colliers qui pratiquent le jeu de rôle — et ils sont nombreux — vous le diront). L’éditeur en avait fait imprimer x exemplaires et maintenant il lui reste y invendus sur les bras. Du coup il les brade à vil prix et ça fait des heureux parmi les nouveaux acquéreurs (mais pas parmi les anciens qui disent « bah nous on l’a payé plein pot, on l’a bien dans l’os oui M’sieur » ni parmi ceux qui n’ont pas été assez rapides — ou lève-tôt — pour passer commande chez l’éditeur qui a un serveur tout pourri qui a planté ou qui était inaccessible dès les trente premières secondes suivant la mise en vente des suppléments déstockés). Le jeu a vécu et bien vécu. On en reparlera avec émotion dans les chaumières au siècle prochain, mais c’est fini et bien fini. Cependant, il se trouve toujours des nostalgiques qui décident que non, çà peut pas finir comme ça. Et que je te crée un site, et que je t’édite un fanzine avec tout pleins de suppléments officieux, et bientôt d’ailleurs sur le site les suppléments officiels qu’on a scannés avec l’accord des ayants-droit. Et pour le faire savoir au monde entier, je te crée des bannières GIF animées et cliquables pour égayer ma signature dans le forum, et que ça clignote dans tous les sens comme un sapin à Noël tant et si bien que tous les internautes possédant des méninges et un tant soit peu de matière grise — c’est le minimum syndical pour être rôliste — frisent aussitôt la crise d’épilepsie.

Tiens, on a même contacté l’auteur originel et on l’a convaincu de participer à une réédition de son jeu, mais malheureusement il refuse catégoriquement — le c•n — de modifier un iota de ses règles qui datent quand même du siècle dernier — le c•n. Ah ? je l’ai déjà dit ? Le c•n.


Pour info : je gère un site consacré à un jeu déstocké, j'édite un fanzine sur le même sujet, je suis meublé uniquement de bibliothèques modèle Billy… et j'adore créer des bannières GIF....

 
Manhattan 1921
Rowainrrr  

l 15/06/2017 [2067]

  

Vonv » l 01/07/2017

De formidables vues de Manhattan en 1921, dans un très beau documentaire restauré (et une bande-son très ... "zannienne"). Le discours sous-jacent évoque déjà des ensembles titanesques de fer et de verre... On comprend aisément Tonton Théobald découvrant cet indicible monde moderne

C'est ici :
www.youtube.com




...

 
nyarlathotep 2011
gob  

l 17/06/2017 [404]

  

voici la video pour ceux qui la connaissent pas
www.youtube.com...

 
Je résiste pas
Vonv  

l 27/02/2017 [1678]

  

Un nouveau jeu poulpique:
Colonial Gothic : A l’Est d’Eden est un jeu de rôle d’horreur qui se déroule au temps de la Nouvelle France, la colonie française du XVIIIème siècle en Amérique du Nord. Nous sommes en l’an de grâce 1754, sous la férule de Louis XV. La Guerre de Sept Ans fait rage en Louisiane. Il reste cinq ans avant la chute de Québec...
En pleine guerre contre les Anglais, les personnages seront employés par la Compagnie des Cent Associés, financée par la Couronne, officiellement dédiée au commerce mais, dans l’ombre, focalisée sur la lutte contre le surnaturel et les monstres qui hantent le Nouveau Monde.
Mouaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah le pitch qui m'excite comme une conférence avec des profs sur la narration dans le jdr !!!

"Mmmmmh j'hésite ce soir: Indiana Jones ou la Guerre de 7 ans pour l’ambiance de mon scénar !!!!" ...

 
SDEN...
Vonv  

l 24/01/2017 [2530]

  

Vonv » l 06/02/2017

Aaaah je me souviens d'une époque...

On devait lancer not' connexion à Internet et ça coupait le téléphone... filaire
On avait de l'abonnement à Internet via des cd-roms !!! trouvés dans les revues !
Y avait plein de gif animés Under Construction partout sur les sites !

C'est à cette époque qu'a débuté Toc.
Et à ses débuts, nous avions échangé avec les gars du SDEN, Yusei notamment, avec qui je voulais fusionner la rubrique Cthulhu. Je lui proposais de rediriger vers Toc pour la rubrique du SDEN. Mouaaaaah toi tout seul face au SDEN, fais plutôt l'inverse ! Ramène ton matos dans notre giron.

Marrant, j'ai toujours plus cru au modèle totalitaire et pérenne de Toc face au merdier trollesque du SDEN !

Et aujourd'hui...vous voulez qu'on vous héberge ??? Mouaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah ...

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