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Les Masques de xkakitax

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Xkakitax

le 16.08.2017
à 09:55

  
Merci, Lutin ! Perso, je me tâte encore… je pense juste leur faire peur, avec un cultiste qui se battra pour couvrir la retraite de ses deux compères. Si les PJ se replient, il fuira à son tour… Après, j’ai lu sur un compte rendu qu’on peut très bien imaginer que, dans le couloir de l’hôtel, il y ait une hache à incendie ou un extincteur (haha ^^), pourquoi pas…

J’ai désormais fabriqué la quasi intégralité de mes aides de jeu pour New York. Si cela intéresse quelqu’un, j’ai refait les dossiers du Lt Poole sur les huit crimes antérieurs, à partir d’une source trouvée sur le net. J’ai beaucoup réécrit pour confectionner des dossiers cohérents avec les coupures de presse.
Leonidas

le 08.12.2017
à 13:04

  
Bonjour Xkakitax

je ne réponds que maintenant, mais je serais effectivement très intéressé par tes aides jeu pour New York, et même par toute aide de jeu supplémentaire sur la campagne. J'ai vu d'autres idées dans des fils antérieurs, mais j'ai du mal à les retrouver et à les regrouper.

Merci par avance pour tes informations.
Léonidas

Leonidas

Xkakitax

le 03.06.2018
à 17:11

  
Bonjour chers Gardiens et amis TOCeurs !

Cela fait bien longtemps que je n’ai pas actualisé ce fil… Ma campagne suit son cours. Comme j’ai un groupe de joueurs très RP (mais très très RP), nous sommes toujours à New York après 13 sessions de jeu (des séances d’à peu près 4 heures de jeu). Le groupe vient de défaire le culte de la Langue Sanglante, alors que Mukunga invoquait une Horreur Chasseresse pour récupérer le masque qui se trouvait dans la villa privée du PJ dilettante. En « récompense », le sorcier avait capturé Poole (devenu trop encombrant), mais les investigateurs se sont mobilisés pour le secourir.

Mes PJ ont créé un site web, qui est en préparation. Je vous le donne quand même :
http://www.cthulhu.hebergratuit.net/index.php

D’ici la fin du mois de juin, je compte par ailleurs compiler les résumés des différentes séances (rédigés par les joueurs) et en faire un fichier PDF illustré. Toutes nos sessions ont été enregistrées. Un joueur a décidé de mettre certains extraits sur YouTube (chaîne privée pour le moment), ici :
https://www.youtube.com/playlist?list=PLNbAS4SWHklHepcy2cTb6i6k8xii18TJf
ça donne une idée de ma table…

Je suis assez content de ce chapitre newyorkais, qui m’a demandé beaucoup de préparation… J’ai d’ailleurs créé énormément d’aides de jeu : dossiers de Poole sur les meurtres précédents, journal d’Hartwell mis à jour pour coller avec la version v6 de Singeries, journal de Van Arvelde, etc.
J’ai refait certains journaux sur la base de ce que faisaient mes PJ. Bien entendu, je peux tenir tout ça à disposition. Faut juste me dire comment les envoyer ^^
Xkakitax

le 03.06.2018
à 17:12

  
Leonidas a dit...
Bonjour Xkakitax

je ne réponds que maintenant, mais je serais effectivement très intéressé par tes aides jeu pour New York, et même par toute aide de jeu supplémentaire sur la campagne. J'ai vu d'autres idées dans des fils antérieurs, mais j'ai du mal à les retrouver et à les regrouper.

Merci par avance pour tes informations.
Léonidas
Salut Léonidas :)

Je réagis avec... un délai considérable... Toutes mes excuses ! Si tu es toujours intéressé, dis-moi comment t'envoyer ça !

Je remercie aussi Xexes, qui m'a été d'une grande aide !
Xkakitax

le 03.11
à 15:00

  
Bonjour à tous !

Quelques nouvelles de ma campagne. Elle se poursuit, au rythme de deux séances par mois (quatre heures de jeu par session). Mes six PJ sont sur le point d'entamer le final égyptien. Ce que je vais vous résumer plus bas ^^

Nous en sommes à 39 sessions de jeu. Mes joueurs sont particulièrement RP et j'aime les longues descriptions immersives (de même que creuser les fausses pistes...), ce qui explique sans doute ces deux années prises juste pour les trois premiers chapitres de la campagne.

Fait amusant : j'ai demandé à la compagne du joueur chez lequel on joue d'incarner Agatha Broadmoore. Moyennant une légère adaptation, ils l'ont rencontrée sur les quais de Liverpool en montant à bord du SS Ranchi. La médium a pu les aider à entrer en contact avec l'esprit d'un ancien PJ décédé (dans le tableau de Shipley haha), ce furent de très bons moments RP ! Ils y sont donc attachée, à cette vieille dame un peu loufoque...

Je reprends le résumé que j'avais posté sur le groupe FB de ma partie :

Le vendredi 17 avril 1925, vos investigateurs apprirent dans la dernière édition du « Bulletin du Caire » que six érudits de la mosquée d’Ibn Touloun étaient morts, la veille, écrasés par l’effondrement de leur salle d’étude. Le groupe redoutait que la Fraternité du Pharaon Noir fût finalement parvenue à s’emparer de la ceinture de Nitocris… Il fallait éclaircir ce mystère au plus vite ! Aussi, décida-t-on de se séparer.
Mary et le père Webster se rendirent jusqu’à l’hôpital Kasr el-Aini, où avait été transporté l’unique survivant de la tragédie : le patriarche Achmed Zehavi. L’établissement médical était un bâtiment vétuste, un hôpital délabré, mal entretenu, dont les couloirs, gorgés de monde, renvoyaient l’image, au mieux d’un vieux lazaret, au pire d’un cloaque insalubre. Étant donné sa notoriété, Zehavi bénéficiait d’une chambre personnelle, mais le vieil homme semblait complètement amorphe. Les yeux grand ouverts fixant inlassablement le plafond, il respirait sans bouger, et ne réagit à aucun stimulus. Les médecins avaient diagnostiqué une catatonie — un état de choc provoqué par un grave traumatisme. Impossible, donc, d’interagir avec le pauvre Nazir…
Xkakitax

le 03.11
à 15:00

  
De son côté, Clarence avait sauté dans un taxi, direction la mosquée d’Ibn Touloun. Il entendait prendre quelques clichés pour Nigel Wassif, qu’il venait d’avoir au bout du fil. Comme l’état de santé mental du journaliste interpellait de plus en plus ses compagnons (surtout depuis l’avis des psychiatres, au soir de l’attaque de Meïdoum), le professeur Hathaway emboîta spontanément le pas derrière Reffner, chaperonnant le Bostonien dans ses investigations. Traverser la Vieille Ville à bord d’une automobile s’avéra rapidement être une très mauvaise idée… Les rues fourmillaient de marchands, de colporteurs, d’ânes et de touristes. Il fallut renoncer au taxi et suivre Ma’muhd jusqu’aux abords de la mosquée.
Samuel avait une autre idée en tête : il pria Clarence de se rendre seul sur les lieux du drame, tandis qu’il suivrait leur jeune guide jusque sur les hauteurs de la Citadelle de Saladin. Cette petite excursion n’était cependant qu’un prétexte pour repérer un endroit à la fois reculé et isolé, de l’autre côté des dunes. Le paléontologue aperçut l’orée du désert non loin, et demanda à Ma’muhd de l’y conduire. Après quelques minutes passées à marcher en dehors des pistes, Samuel invita le jeune Égyptien à l’attendre, alors que lui continuerait de s’aventurer par-delà les dunes. Une fois seul, Hathaway sortit l’exemplaire du « Liber Ivonis » qu’il avait emporté avec lui ; il traça de curieux symboles sur le sol et psalmodia d’étranges paroles impies, dont il n’était certain de comprendre le sens. Le temps s’écoula, inlassablement — et aucune force extérieure ne se manifesta, là, au milieu du désert égyptien.
Xkakitax

le 03.11
à 15:01

  
Clarence s’était, quant à lui, approché du bâtiment effondré, de l’autre côté des remparts protégeant le lieu saint. Un immense gouffre avait littéralement remplacé la cache des Oulémas, comme si l’annexe en question s’était abattue sur elle-même après que ses fondations avaient été « aspirées ». La scène rappela à Clarence les histoires que lui avait racontées Lester Drake (après sa lecture des « Fragments de G’harne ») : sans doute que de gigantesques vers de terre avaient dû creuser de profondes galeries sous le bâtiment, le privant de sa solide assise… L’idée était évidemment saugrenue, mais le journaliste, s’enfonçant toujours davantage dans la démence, semblait très satisfait de son interprétation, qu’il partagea joyeusement avec des policiers médusés. L’inspecteur Al-Fulani était, en effet, sur les lieux de la triste catastrophe ; il accepta que Clarence prenne quelques photographies, en échange d’un article vantant ses qualités dans l’opération en cours — ce que le Bostonien promit d’écrire dans le « Bulletin du Caire », dès la fin de leur entretien. Al-Fulani confia nonchalamment qu’Émile Vabreaux, l’expert scientifique de la police cairote, avait trouvé une substance étrange sur les lieux de l’attaque ; des échantillons auraient été envoyés à des laboratoires parisiens et genevois pour analyses approfondies.
Après son échange avec les policiers auprès de la mosquée, Clarence Reffner partit en quête de Samuel — qui devait être en train de visiter la Citadelle de Saladin. À peine eut-il atteint les hauteurs de l’antique édifice, que le journaliste aperçut la silhouette de Ma’muhd, à plusieurs centaines de mètres en direction du désert. Clarence rejoignit alors le jeune garçon, lequel lui indiqua où se trouvait son compagnon. Reffner interrompit le rituel que le professeur Hathaway tentait tant bien que mal de mener depuis plusieurs dizaines de minutes, mais en vain. Samuel sembla très gêné d’avoir ainsi été pris sur le fait, mais Clarence, pour sa part, ne parut nullement offusqué : quoi de plus normal qu’un rituel en plein désert… Les deux hommes rebroussèrent donc chemin ensemble, en se promettant de ne pas en parler aux autres. Mais alors qu’ils s’apprêtaient à rallier la piste, ils constatèrent que Ma’muhd avait disparu ! En lieu et place de l’enfant qu’ils avaient laissé derrière eux, ils découvrirent l’affreux symbole tant de fois observé : une croix ansée inversée, que l’on avait tracée à même le sable. Les empreintes de pas éventuelles avaient été, quant à elles, effacées ; retrouver Ma’muhd semblait donc peine perdue…
Xkakitax

le 03.11
à 15:01

  
Ali Kafour ne répondait pas au téléphone. Ni une ni deux, Lester et Pacôme se ruèrent vers le Musée du Caire, inquiets pour l’intégrité du conservateur de l’occulte. Les deux investigateurs ouvrirent la porte de son bureau à la volée, sans même frapper — et ils furent accueillis par l’éclat du cimeterre d’un Ouléma, venu aider Kafour à se faire la malle. Le docteur égyptien était très agité : il avait appris pour le vol de la ceinture, et semblait dans tous ses états. Il somma ses vis-à-vis de s’enfermer dans leur hôtel, de ne plus en sortir avant la cérémonie présumée de la prochaine nouvelle lune, afin de ne pas ruiner davantage le plan qu’il avait en tête. Lui partirait pour une planque secrète de la Congrégation de l’Épée de Snéfrou, où il réfléchirait aux étapes à suivre le soir de la cérémonie tant redoutée. Mais il était important, désormais, que l’on se désintéresse du culte, pour dévier l’attention de ses membres — pour ne pas ruiner la dernière chance qui s’offraient encore à eux !
Ali confia les toges frappées du symbole de la Fraternité aux deux compagnons, ajoutant qu’un Ouléma viendrait les chercher à leur hôtel le 20 avril, aux aurores (vers 5 heures du matin). Ils devraient le suivre sans poser de question, et rallier la cache secrète. D’ici là, ils allaient devoir se tenir à carreau et stopper toute investigation, au risque de se faire éliminer à leur tour.

Rentrés au Shepheard’s Hotel, vos personnages partagèrent entre eux les informations que chacun avait glanées ici et là. Ils s’accordèrent pour suivre les recommandations de Kafour : tous les six, ils s’enfermeraient dans leurs chambres, profitant de cette réclusion pour avancer dans les lectures en cours. On se résigna par ailleurs à ne plus parler du culte. Le groupe ferait semblant de préparer un voyage prochain pour Londres, ébruitant cette perspective, tout en se convaincant lui-même de ce fait (ils en seraient ainsi d’autant plus crédibles).
Deux jours passèrent, et aucune menace ne pointa à l’horizon, tandis que vos personnages restaient enfermés entre les murs de leur hôtel réputé pour sa sécurité. Dans la nuit du 18 au 19 avril, cependant, Clarence reçut un coup de téléphone du réceptionniste : un homme en panique avait laissé un message à son attention. Le message n’était pas signé ; il demandait à Clarence de le rejoindre le lendemain matin, à la première heure du jour, à l’Université américaine du Caire. L’individu anonyme avait à lui parler — l’heure était grave, disait-il. Le journaliste bostonien se rendormit quelques heures, avant de revêtir son complet bleu et de traverser le lobby de l’hôtel vers 4h du matin. Étrangement, il n’était pas le seul à quitter l’hôtel aussi tôt ! En effet, Clarence croisa Samuel, lui aussi sur le point de partir. De nouveau, les deux hommes balbutièrent de vagues prétextes, avant de se promettre de garder tout cela pour eux. Chacun avait probablement ses raisons.
Xkakitax

le 03.11
à 15:01

  
Clarence rejoignit l’Université américaine — et quelle ne fut pas sa surprise de découvrir le visage de son expéditeur ! James Gardner l’accueillit, mal rasé, les traits creusés par la peur, et lui révéla qu’il avait providentiellement échappé à la capture du Dr Clive et de son second, Martin Winfield. Contrairement à Agatha Broadmoor, il avait pu prendre la fuite… Honteux, il raconta en détails comment il avait réussi à fuir, laissant Agatha seule avec ses deux collègues archéologues. Il avait miraculeusement sauté dans un camion, duquel il possédait les clés, avant de foncer vers Le Caire, à vive allure. Gardener ignorait ce qu’il était advenu d’Agatha et de Johannes. En tout cas, ce rapt confirmait les soupçons suscités par la catastrophe d’Ibn Touloun et par les visions prophétiques de la médium.
Gardner était paniqué : il ne savait ni quoi faire ni où aller. Clarence, toujours disposé à aider la veuve et l’orphelin, accepta de le débarrasser de son camion. Il lui donna rendez-vous plus tard dans la matinée au Shepheard’s Hotel, et monta à bord du véhicule, qu’il conduisit jusqu’aux berges les moins fréquentées du Nil. À cette heure matinale, tous les Arabes priaient à la mosquée pour la première fois de la journée — et les touristes n’étaient pas encore levés —, une aubaine pour se défaire du camion, qui ne tarda guère à rejoindre les basfonds du fleuve aux côtés des poissons.
Xkakitax

le 03.11
à 15:02

  
Le professeur Hathaway quitta l’hôtel avant le lever du soleil. Se faufilant rapidement jusqu’à la station de tramways la plus proche, il monta dans le premier wagon à destination de la campagne située au nord-est du Caire. Sur place, il loua un chameau aux Bédouins, et se fit accompagner jusqu’à l’orée de dunes herbeuses reculées, où il put s’éloigner et poursuivre les imprécations entamées quelques jours plus tôt. Même si le rituel qu’il avait tenté de mener dans les parages de la Citadelle de Saladin n’avait rien donné, Samuel voulut en avoir le cœur net — et ce sortilège découvert dans le « Liber Ivonis » semblait, jour après jour, occupé davantage de place dans son esprit, flirtant désormais avec l’obsession.
Le paléontologue s’isola en rase campagne, au milieu des dunes et des étendues désertes, ouvrant le grimoire impie à la page du sort de contact. N’y croyant qu’à moitié, il répéta les formules cryptées qu’il pensait avoir déchiffrées — il les répéta plusieurs fois, s’apprêtant à devoir poursuivre ce cérémoniel des heures durant. Mais, à peine eut-il lu la sinistre prière à voix haute, que les sons autour de lui se distordirent, se déformèrent, comme s’il avait soudainement été projeté dans un ailleurs surnaturel. Il perçut l’écho lointain du bruit de sabots en plein galop ; un écho lancinant et répété, qui se rapprochait implacablement de lui. Tout droit sortie des abîmes, l’épure majestueuse d’un chariot tiré par de somptueux étalons noirs à la crinière flamboyante se présenta devant le professeur ébahi. Le char avait la même allure que celui qu’il avait aperçu en songe, lorsqu’il s’était risqué à enfiler le masque africain de la Boutique Ju-Ju : une demi-coquille géante flottant à un pied au-dessus du sol, avec, à son bord, un vieil homme nerveux à la chevelure blanche ébouriffée et à la longue barbe ancestrale. S’adressant directement à l’âme de Samuel, le cavalier l’interrogea d’une voix caverneuse — pourquoi donc venait-on le contacter ? Le professeur Hathaway, surpris et intérieurement paniqué, lutta néanmoins pour conserver son sang-froid. Sans trop faillir, il raconta que ses compagnons et lui s’apprêtaient à défier Nyarlathotep et qu’ils avaient besoin de l’aide du « Seigneur argenté ».
Xkakitax

le 03.11
à 15:02

  
Nodens confia alors une dague à l’invocateur — une sorte de couteau en argent que Samuel allait devoir utiliser à bon escient. Les instructions étaient simples : il fallait plonger la lame magique dans l’œil gauche de la momie. Celle-ci tomberait en poussière, et cette poussière devrait être ensuite éparpillée pour ne plus jamais servir à aucune résurrection. Le professeur Hathaway n’en croyait pas ses yeux. À peine posa-t-il les mains sur l’arme scintillante, tout disposé à remercier Nodens, qu’il se rendit compte qu’il était seul au milieu de la campagne désertique, le soleil pointant à l’horizon. Avait-il rêvé ? Peut-être, mais la lame qu’il tenait entre les doigts était quant à elle bien réelle.

Clarence et Samuel rentrèrent à l’hôtel Shepheard pour le petit-déjeuner. James Gardner avait suivi les conseils du journaliste et s’était joint au groupe, pour faire part à chacun de ce qu’il venait de vivre à Saqqarah. Mais la paranoïa du moment était telle, qu’on ne pouvait exclure l’hypothèse suivante : Gardner était peut-être de mèche avec Clive et la Fraternité du Pharaon Noir. Bien que ce dernier parût sincère, il fut décidé de ne pas l’associer à l’opération en cours — puis, il y avait fort à parier que Kafour n’apprécierait guère la présence de l’intrus. On se contenta de suggérer à Gardner de s’enfermer à l’hôtel et de préparer au plus vite son retour vers l’Occident.
La journée du dimanche 19 avril ressembla aux deux précédentes : chacun se terra dans sa chambre, de peur d’être à la merci des adorateurs du Pharaon Noir. Cette fois, il ne fallait plus décevoir le Dr Ali Kafour !
Mais le soir venu, Clarence Reffner ne se présenta pas au restaurant, pour prendre le dîner en compagnie des autres investigateurs. Le temps passant, le groupe pénétra dans la chambre du journaliste et constata que celui-ci était absent : enroulée dans sa machine à écrire, une lettre fraîchement composée signalait qu’il comptait tuer seul le Pharaon Noir, qu’on le remercierait pour son action, tandis qu’une facture rapportant l’achat récent d’explosifs était en boule sur le lit défait du Bostonien. L’on pesta contre Reffner ! Leur compagnon était sur le point de tout faire capoter ! Mary et Lester se proposèrent, malgré tout, de rejoindre le plateau de Gizeh au plus vite, afin d’éviter le pire.
Xkakitax

le 03.11
à 15:02

  
Aussi discrètement que possible, les deux investigateurs prirent le tram jusqu’à la station du Mena House. C’est à contrecœur qu’ils quittèrent leur « bunker » — qu’ils s’aventurèrent en dehors de l’hôtel. Une fois arrivé, ils questionnèrent les marchands en train de remballer leurs babioles, et apprirent que Clarence ne devait avoir que quelques minutes d’avance sur eux. D’après la direction indiquée, l’Américain se dirigeait vers les puits funéraires situés dans les parages du Sphinx. Mary Hawkins et Lester Drake coururent jusqu’aux puits : les traces découvertes étaient toutes fraîches, et le grillage recouvrant l’un des passages verticaux avait été descellé. Ils perçurent une faible lueur en contrebas, qui ne tarda guère avant de se mettre en mouvement : de s’éloigner ! Il fallait agir séance tenante, mais comment descendre dans ce boyau ? Mary et Lester n’étaient nullement équipés, et Clarence n’avait pas manqué de retirer la corde qui lui avait servi à descendre dix à vingt mètres plus bas. Les deux compères se rendirent à l’évidence : ils ne pouvaient rien faire… En s’éloignant du site, oscillant entre le désarroi et la colère, ils entendirent une détonation, qui fut immédiatement suivie d’une légère secousse. Les Occidentaux du Mena House Hôtel se demandèrent s’il ne s’agissait pas là d’un tremblement de terre ! Ainsi mourut Clarence Reffner… Quelles seraient les conséquences de son geste désespéré ? Impossible de le dire, même si l’explosion n’avait pas du tout semblé fatale.

La nuit suivante fut courte, très courte pour les investigateurs, inquiets d’avoir ravivé les suspicions du culte. On espérait secrètement que la bêtise de Clarence n’ait pas davantage alerté la vigilance des sbires du Pharaon Noir. Chacun s’enferma à double tour, déplaçant les meubles pour se barricader. Mais le lundi matin, à l’aube, ils constatèrent, fatigués, que rien ne s’était passé durant la nuit — personne n’avait cherché à les abattre. L’Ouléma vêtu de blanc les attendait bien dans le lobby de l’hôtel. Sans mot dire, ce dernier indiqua aux investigateurs de le suivre ; on emprunta l’une des sorties de service de l’hôtel, avant de monter à bord d’une camionnette qui mit le cap vers la planque retirée de la Congrégation de l’Épée de Snéfrou.
Xkakitax

le 03.11
à 15:02

  
À l’arrière du véhicule régnait un silence pesant. Personne n’avait vraiment dormi la nuit dernière, et l’on mesurait que l’heure de l’affrontement final était proche. Le groupe n’avait plus droit au moindre faux pas… Après un long trajet, la camionnette s’arrêta au beau milieu du désert. Les passagers marchèrent ensuite pendant plusieurs dizaines de minutes derrière l’érudit musulman, avant que celui-ci ne finisse par s’agenouiller dans le sable. De ses mains, il découvrit deux planches en bois marquant l’entrée d’une cache secrète. Il invita les personnages à descendre avec lui dans cette cavité étroite, qui donnait sur une minuscule pièce, où les attendaient le Dr Ali Kafour et quelques sages de la mosquée d’Ibn Touloun, un cimeterre à la ceinture. Le démantèlement de la Fraternité du Pharaon Noir allait dépendre de cette poignée d’hommes ; une douzaine d’hommes rassemblés dans une planque dissimulée sous le désert du sud de Gizeh. Y parviendront-ils ? À suivre, le 6 novembre prochain ! :)
Bernard

le 03.11
à 15:56

  
Super!
Vivement la suite.

bernard

Xkakitax

le 17.11
à 15:03

  
Voici le résumé de la 40e session de jeu de ma campagne des Masques :) Il s'agit du compte rendu que je viens d'envoyer à mes joueurs, en préparation de notre séance de mercredi prochain. C'est le final égyptien ! Ils devraient embarquer pour le Kenya dans le courant de cette prochaine session...

Le lundi 20 avril 1925, en fin d’après-midi, vos investigateurs sortirent de la casemate enterrée de la Congrégation de l’Épée de Snéfrou. Après avoir échafaudé un plan auprès du Dr Ali Kafour, ils étaient désormais prêts à quitter ce lieu reculé pour rallier le plateau de Gizeh. La peur au ventre, ne sachant trop à quoi s’attendre, vos personnages prirent la direction des pyramides. À bord de la camionnette qui était venu les chercher à l’hôtel, ils traversèrent le désert jusqu’aux dunes surplombant le sud du plateau. Les érudits musulmans négocièrent la présence du groupe dans le campement d’une tribu nomade s’étant installée dans les dunes. Deux jours durant, vos investigateurs partagèrent la vie des Bédouins, nourrissant les bêtes, cuisinant pour la tribu et s’occupant du linge et des enfants. Chaque jour, le soir venu, ils suivaient Ali Kafour et les savants arabes jusqu’au sommet de la dune la plus proche, au pied de laquelle se dressait le camp des bergers. Là, profitant de la vue panoramique, ils guettèrent attentivement — ils passèrent leur temps à observer les activités, les va-et-vient qui émaillaient les nuits, sur le plateau de Gizeh, une fois que les touristes s’étaient depuis longtemps retirés.
Les deux premières veilles ne donnèrent rien. Mais dans la nuit du 22 au 23 avril, tandis que le vent du désert enflait de manière considérable en se dirigeant droit sur Le Caire, Mary aperçut des points lumineux perçant, plus au nord, l’opacité de la nuit noire. Comme une multiplicité de torches enflammées convergeant vers le site archéologique. Kafour préconisa d’attendre et de scruter l’ennemi avant d’agir. Très vite, vos investigateurs comprirent que les adorateurs étaient nombreux, très nombreux. Le cortège semblait interminable, et ce sont près de 800 cultistes, vêtus de robes blanches, qui se rassemblèrent en cercle autour de la stèle de Touthmôsis IV, tandis qu’un Grand Prêtre se trouvait au centre de cette ronde, à deux pas du petit édifice antique.
Aux vagissements du vent se joignirent bientôt des psalmodies lancinantes, que les adorateurs reprirent en cœur. Le Dr Kafour crut reconnaître de l’égyptien antique, de prononciation démotique — il était clair que l’homme au centre, par ses paroles très anciennes, conduisait une sorte de bref rituel. Au terme de ces prières, la stèle se mit alors à luire doucement… comme si elle devenait intangible et translucide. Un à un, les membres de la sinistre Fraternité du Pharaon Noir s’avancèrent jusqu’à la stèle dématérialisée, en la traversant avec empressement. Tous disparurent engloutis par un halo de lumière !
Xkakitax

le 17.11
à 15:03

  
Le temps était venu d’agir. Aussi, vos personnages dévalèrent-ils la dune pour approcher de la stèle, qui avait cessé de luire. Le professeur Larrey se présenta devant le monument, et avec l’aide du Dr Kafour, il se risqua à prononcer la phrase rituelle que formaient ensemble les curieux symboles déjà observés auparavant. Les quatre côtés de la stèle se mirent à trembloter en conséquence, à devenir transparents ou translucides, laissant entrevoir une possibilité de rejoindre la foule des cultistes.
Vêtus à la manière des adorateurs — portant les tuniques qu’avait confectionnées Ali Kafour —, vos investigateurs empruntèrent la porte mystique… Ils ressentirent une impression d’intense vertige et de dissociation, comme si l’espace d’un instant leur conscience s’éparpillait avant de retrouver sa cohésion. Puis, tous reprirent leurs esprits, découvrant une chambre en impasse, très faiblement éclairées, qui semblait taillée dans la roche, sous les sables multimillénaires. L’on s’empara de quelques flambeaux fixés au mur, avant de suivre la seule voie possible : un sillon creusé dans la roche, connecté à cette salle circulaire. Dans les profondeurs, le silence était absolu et oppressant. Impossible de ne pas se sentir écrasé par le poids fantastique des pierres et de la terre au-dessus des têtes. Vos personnages se sentirent prisonniers de souterrains, profondément enfouis sous les sables du plateau de Gizeh, alors qu’ils s’engageaient, tout penaud, dans l’étroit conduit rocailleux.
L’étroit tunnel avait l’air de s’enfoncer profondément dans l’obscurité. Mais très vite, l’oppressant boyau s’élargit. Alors que le groupe avançait prudemment, à pas lents, les souterrains prirent des dimensions à peu près constantes — et il devint concevable d’évoluer debout, à deux de front, sans devoir courber l’échine. Souvent, les parois étaient percées de petites alcôves et de tunnels latéraux, sortes de conduits secondaires plongeant dans les ténèbres. Vos personnages décidèrent de suivre le tunnel principal et de ne pas s’aventurer dans les boyaux plus étroits (à moins que quoi ce soit les y invite, bien sûr). La direction générale de ce passage resta constante, sur une distance assez longue, bien que les angles des murs, du sol et du plafond changeassent perpétuellement.
Les lieux n’inspiraient guère confiance. À un endroit, un liquide tiède semblait goutter du plafond, donnant naissance à une flaque rouge et luisante. À un autre, des images repoussantes couvraient les murs — des hommes à têtes d’animaux, des animaux dotés de membres humains, des entités inconnues s’activant à des rites cruels, répugnants et obscènes. Ce sont ces mêmes entités phantasmagoriques que le groupe crut apercevoir au détour d’un coude.
Xkakitax

le 17.11
à 15:04

  
En effet, ne s’inquiétant pas de leur présence (merci à l’accoutrement de cultiste !), plusieurs silhouettes humanoïdes à la démarche saccadée surgirent d’un couloir latéral, pour se diriger dans la même direction que vos personnages. Indistinctement, vos personnages devinèrent les contours de ces êtres singuliers : des individus à la morphologie vaguement humaine, mais aux articulations grinçantes et à la respiration asthmatique rompant le silence de façon inquiétante. Surtout, ces sortes d’hommes vêtus de pagnes et de solides bottes de marche avaient le faciès de crocodiles, de faucons, d’hippopotames ou de taureaux ! Le symbole ornant leurs ceinturons étaient reconnaissables entre mille : une croix ansée inversées…

Le groupe reprit ses esprits, se convainquant qu’ils avaient dû rêver ! Puis, l’on se remit en route, tout en suivant le conduit principal. Finalement, vos investigateurs débouchèrent sur ce qui sembla être des propylées titanesques — un vestibule ou un parvis intérieur monumental. Leurs pieds foulaient des dalles colossales, partie d’un pavage gigantesque. Le doute n’était plus permis : ils approchaient de l’entrée d’un antique sanctuaire, dont ils aperçurent bientôt les escaliers. En effet, une ouverture titanesque plongeait de manière vertigineuse vers un lieu situé plus bas dans les entrailles de la terre et duquel leur parvinrent certains sons cadencés et précis, qui ne ressemblaient à rien de ce qu’ils avaient pu entendre jusqu’à ce jour.
Vos personnages s’avancèrent jusqu’à l’escalier géant, scrutant avec étonnement la grandeur du hall qu’il surplombait. En descendant vers l’enfer, ils ne purent s’empêcher d’avoir le souffle coupé par les dimensions colossales de la vaste chambre qui se perdait dans les ténèbres, plus de trente mètres en contrebas. Évoquant un ciel étoilé, l’éclat des torches des cultistes se reflétait doucement sur les dalles de marbre noir ; des dalles luisantes, comme patinées par des siècles de pas traînant au rythme de liturgies païennes. Les yeux des intrus furent également attirés par les lignes étranges et asymétriques d’immenses piliers soutenant le vaste plafond voûté ; autant de colonnes d’ébène massives qui vont en s’évasant à mesure qu’elles grimpent à l’assaut des ténèbres, sculptées à l’effigie d’arbres cancéreux.
Le plus effrayant de tout était, sans conteste, la foule impressionnante : près d’un millier de personnes qui se pressaient dans ce temple chthonien, oscillant à l’unisson, telle une vaste entité de chair, en majorité des adeptes égyptiens au milieu desquels se détachaient ici et là les grotesques silhouettes titubantes des gardiens de cet endroit maudit, dont les traits étaient ceux d’icônes contrefaites des dieux de l’ancienne Égypte.
Xkakitax

le 17.11
à 15:04

  
Depuis leur position, vos investigateurs aperçurent un puits s’enfonçant dans une sorte de brume sanglante. Mais l’essentiel de la foule se massait autour des édifices se situant derrière cette bouche s’ouvrant vers d’autres profondeurs. Les cultistes se rassemblaient, effectivement, autour d’un large bassin — une vaste fosse de près de 500m² dont la surface était noire et lisse (probablement des eaux saumâtres). D’autres adorateurs s’agenouillaient devant un bloc blanc s’élevant à cinq mètres de hauteur, auquel on pouvait accéder par trois escaliers. Il allait falloir s’approcher pour en apercevoir davantage. C’est pourquoi la fine équipe descendit les marches du géant escalier, pour contourner le bassin et se présenter au pied du promontoire de pierre blanche.
Les chants macabres s’intensifièrent dans les parages du grand bassin, alors que vos investigateurs remarquèrent qu’une procession d’un autre genre était conduite de l’arrière de la salle jusqu’aux rives de la fosse. C’étaient là des prisonniers que l’on menait vers la sentence, avec parmi eux des hommes et des femmes, des adultes et des enfants, des Arabes et des Occidentaux — tous étaient terrifiés par la situation, certains hurlant leur désespoir à gorge déployée… Les captifs furent jetés, les uns après les autres dans la fosse remplie d’eau. Ma’muhd et Johannes Sprech faisaient partie des victimes, et bientôt vint leur tour… Eux aussi furent culbutés dans l’eau sombre, qui se mit alors à bouillonner, pendant que les infortunés tentaient de s’agripper au rebord, bien trop haut pour pouvoir se hisser à l’abri des horreurs tapies sous l’onde saumâtre. Lester Drake qui ne quittait pas le bassin du regard porta la main à la bouche afin de réprimer un cri de dégoût lorsqu’il comprit que l’eau grouillait de légions d’immondes sangsues grasses et voraces. L’essaim affamé se ruait sur les corps en train de se débattre, pour leur sucer le sang, sous les acclamations extasiées de la foule des adorateurs déments.
Xkakitax

le 17.11
à 15:05

  
En contournant la fosse aux sangsues, le groupe put préciser sa vision du promontoire. Il s’agissait vraisemblablement d’un autel rituel, au sommet du quel quatre braseros jetaient une lumière malsaine et tremblotante sur le sarcophage de l’antique momie Nitocris. La Reine Goule paraissait attendre son heure, tandis qu’Omar Shakti, Henry Clive et Martin Winfield lui faisaient face en tenues cérémonielles de prêtres. Muni de sceptres jumeaux similaires à ceux de Gavigan, le Grand Prêtre Shakti s’approcha d’une silhouette féminine encapuchonnée, qui se trouvait au plus près de la momie. Il lui releva la capuche, révélant la figure frêle et gracile d’une vieille femme. La gorge serrée, les investigateurs reconnurent Miss Broadmoor qui se tenait rigide et immobile. La médium avait l’air morte de trouille, et sur ordre de Shakti, elle se mit à susurrer quelque chose, à prononcer quelques paroles inaudibles.
Pendant qu’Agatha murmurait sa litanie à voix basse, sous les yeux approbateurs de ses geôliers — les trois prêtres —, le groupe tenta, à l’instinct, d’échafauder un plan. Les cultistes avaient entrepris de bâtir un mur de cadavres entre l’autel rituel et le trône situé à l’arrière de la Grande Salle, à dix mètres au-dessus du sol. Ils construisaient une sorte de pont morbide, constitué des victimes exsangues qu’on repêchait du sinistre bassin. Mary et le père Webster essaieraient, ensemble, de placer des bâtons de dynamite près des cadavres : une première charge dans le mur lui-même, derrière l’autel, et une deuxième au pied du trône suspendu de la Reine Nitocris. Sur ce temps, armé de la dague de Nodens, le professeur Hathaway grimperait sur le pont de cadavres, afin d’approcher la momie ; il serait couvert par plusieurs Oulémas, dont Asim qui ouvrirait la marche, prêt à dégainer son cimeterre.
Tous allaient devoir agir en même temps, et c’est Lester qui donna le coup d’envoi ! Planqué derrière une colonne d’ébène, l’archéologue sortit son arme de poing, prit le temps de viser Agatha Broadmoor et tira en direction de sa cible. Y avait-il seulement un autre moyen d’interrompre le rituel ? La vieille médium était, depuis quelques minutes déjà, entrée dans une autre phase de sa transe, comme si elle aiguillait à présent l’esprit de Nitocris vers son corps inanimé, allongé devant elle. La balle siffla l’air en traversant la cathédrale sombre ; elle vint percuter le crane d’Agatha, qui s’effondra instantanément aux pieds d’Omar Shakti. Furieux, le Grand Prêtre se tourna vers le mur du fond, lequel était percé d’une immense brèche — une cavité cyclopéenne qui sembla engloutir la lumière. Il leva les bras au ciel, ce qui eut pour effet d’apaiser les cultistes qui avaient été perturbés par le coup de feu. Beaucoup s’agenouillèrent près de l’énorme trou irrégulier, en priant, à la fois ravis et impatients. Le père Webster entendit : « Il va revenir ! Quel privilège, il va revenir ! ».
Xkakitax

le 17.11
à 15:05

  
Asim et les Oulémas frappèrent les Enfants du Sphinx aux jambes. De grands coups de cimeterre pour accéder au sarcophage. Les gardiens à têtes d’animaux voltigèrent avant de s’écrouler au sol. La voie semblait libre vers la momie. Aidée par Philip, la jeune Mary était parvenue à placer ses charges ; elle s’apprêtait à en allumer une, le père Webster l’imiterait en allumant l’autre. Mais Shakti se mit à sourire lorsque, de la brèche cyclopéenne, surgit un être terriblement massif : un énorme sphynx noir d’apparence répugnante ! Son visage ovale était surmonté d’un front ridé sans yeux. Il comptait une myriade de mâchoires réparties au hasard, mais il ressemblait, effectivement, pour le reste, à un sphinx vivant — un sphynx fait de chair et de sang, et à la taille colossale. Ses gigantesques pattes antérieures poussèrent, dans un incessant mouvement alternatif, les victimes sacrificielles dans ses mâchoires débordant de sang et d’ossements. L’immense bête s’emparait des corps des sacrifiés entassés devant le trône, pour les engloutir voracement.
Ni une ni deux, Mary garda son sang-froid et alluma la mèche de la charge qu’elle avait fixée dans le mur de cadavres. Le père Webster se mit quant à lui à trembler, horrifié par l’apparition. Il lui fallut bien une trentaine de secondes avant de se calmer et de retrouver une bonne coordination de ses mouvements ; alors, à son tour, il put mettre le feu aux explosifs. Après son coup de feu, Lester Drake avait immédiatement été cerné par une horde de cultistes ; les adorateurs l’encerclaient et aucune issue ne semblait possible. La venue soudaine du grand sphinx lui offrit cependant une opportunité de fuite. En effet, tous paraissaient hypnotisés par l’abominable apparition, mimant de concert — dans un même geste — l’infecte gloutonnerie du monstre. Autant de somnambules feignant de se repaître voracement du corps des sacrifiés.
Malheureusement, Samuel Hathaway n’avait pas pu résister à cette vision d’effroi. Il avait stoppé son élan, avait lâché la dague sur le sommet de l’autel, avant de mimer, lui aussi, l’appétit délétère de l’immense sphinx noir. Samuel semblait captivé par le monstre, son esprit venant, aurait-on dit, de succomber définitivement à la folie… Clive ramassa le poignard magique, tandis que Shakti et Winfield projetèrent les Oulémas en dehors de l’aire rituelle. Ceux-ci firent une chute de cinq mètres, heurtant les dalles de marbre, le dos le premier, dans un craquement d’os insupportable. Pacôme Larrey était, pour sa part, resté en retrait. Il avait pu résister à l’immonde vision et il s’éloignait désormais de la scène principale, prêt à gravir sous peu les marches de l’escalier par lequel ils étaient entrés.
Xkakitax

le 17.11
à 15:08

  
Voilà voilà ! On avait dû couper en pleine action, après 4h de jeu. C'est la copine d'un joueur qui incarnait Agatha, ça a très bien donné. Elle était vêtue d'une vraie cape, les mains liées par une corde, que j'ai coupé en incarnant Shakti.

Quand Agatha est entrée dans la deuxième phase de son rituel, j'ai mis un grand sablier au centre de la table, le tapotant de temps à autres (sablier de 15 minutes). Ils ont senti la pression et ont bien joué. Au final, un PJ rate son test de SAN face au Sphinx Noir (il a perdu 67 points d'un coup). Deux des autres sont mal en point : ils viennent d'allumer la dynamite tout en restant à proximité, un peu bloqués par les cultistes. Je n'exclus pas le carnage, mais deux au moins devraient s'en sortir... On a prévu les persos de backup.

La suite bientôt ! :) Merci de me lire.
Bernard

le 17.11
à 17:45

  
Terrible!
J'adore!
J'ai fini il y a peu la partie égyptienne des Masques et c'est avec un grand plaisir que je te lis!
Les miens n'ont pas du tout agit de la même manière mais ils ont eux aussi bloqué la résurrection de Nitocris.

bernard

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