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[série tv] Lovecraft Country
Vonv

le 02.05
à 09:51

  
http://www.elbakin.net/fantasy/news/26095-Lovecraft-Country-:-premier-teaser
Voyage au pays des monstres et du Ku Klux Klan
Chicago, 1954. Quand son père, Montrose, est porté disparu, Atticus, jeune vétéran de la guerre de Corée, s’embarque dans une traversée des États-Unis aux côtés de son oncle George, grand amateur de science-fiction, et d’une amie d’enfance. Pour ce groupe de citoyens noirs, il est déjà risqué de prendre la route. Mais des dangers plus terribles les attendent dans le Massachusetts, au manoir du terrible M. Braithwhite… Les trois comparses retrouvent en effet Montrose enchaîné, près d’être sacrifié par une secte esclavagiste qui communique avec des monstres venus d’un autre monde pour persécuter les Noirs. C’est la première de leurs péripéties… Dans l’Amérique ségrégationniste, Atticus et ses proches vont vivre des aventures effrayantes et échevelées, peuplées de créatures fantastiques et d’humains racistes non moins effroyables.
Andre

le 02.05
à 14:34

  
J'ai lu le livre qui se lis très bien et, sans spoiler, l'histoire ne vous attendez pas à du poulpe, c'est plutôt du fantastique qu'elle offre.

Toutefois, si la série est aussi bonne que le livre, ça en vaut la peine.
Senrad

le 02.05
à 14:36

  
Bonjour,
Merci pour l'info sur cette série. Ça fait envie. Intéressant de faire le rapprochement entre les monstruosités cosmiques/adorateurs fanatiques fous d'un côté et l'idéologie raciste/ségrégationniste revendiquée dans l'Amérique selon Lovecraft. Le titre Lovecraft country est pour le coup très bien trouvé. Hâte de voir ça.
Melrindeau

le 03.05
à 09:26

  
J'ai lu aussi le bouquin. Du très bon fantastique, sans poulpe comme précisé plus haut, Lovecraft est juste évoqué par le héros. Ce livre rappelle juste aux neuneus qui s'offusquent du racisme de HPL qu'il ne détonnait pas dans une société étatsunienne pas jojo du point de vue de l'intégration.

Que les étoiles vous soient propices

Esbehmj

le 03.05
à 19:46

  
Ce qui ne l'amende ni ne le dédouane pas pour autant.On peut apprécier l'oeuvre, un peu moins l'homme...enfin vaste débat. Il y avait eu un très bon documentaire sur Lovecraft qui est passé sur France TV il y a au moins 15 ans qui avait bien évoqué ce point, parmi tant d'autres, sur le maître de Providence.
Kagouf

le 04.05
à 09:49

  
Pour ma part, très hâte !
J'ai adoré le bouquin qui mêle social aux USA dans les années 50 et le fantastique, sur fond Lovecraftien.
Melrindeau

le 05.05
à 11:28

  
Je ne l'excuse pas, simplement, on présente HPL comme un cas isolé, surtout les pseudo bien informés, avides de noires révélations, et ça me "fatigue". Il n'était qu'un raciste parmi d'autres. Il était assez intelligent pour revenir de positions idiotes : un WASP qui avait pour meilleur ami un "papiste" (August Derleth), un anti-sémite, qui épousa une juive, un homme qui admira Hitler, avant de reconnaître que c'était un sale type, après le retour d'Europe d'une amie. Si je me rappelle bien, le livre évoque les massacres de Tulsa, qui n'ont été reconnus qu'au début des années 2000, ça m'étonnerait que HPL ait applaudi des 2 mains, et Arte a diffusé l'année dernière un doc sur les Harlem Hellfighters, des noirs américains qui combattaient dans des unités françaises pendant la première guerre, parce que leur armée estimait qu'ils n'étaient pas assez évolués être de vrais soldats.

Que les étoiles vous soient propices

Senrad

le 05.05
à 14:44

  
C'est vrai, il n'était qu'un raciste parmi d'autres, dans une société où la discrimination selon la couleur de la paix régnait. Il est donc représentatif, d'une certaine manière de la société de son temps, de même que Robert Howard pour le sud des Etats-Unis (certaines de ses nouvelles ne sont pas piquées de vers non plus, dans la présentation de la coexistence noirs/blancs), ou même Hergé quand il représente la société coloniale dans Tintin au Congo (pas d'amalgame, il ne s'agit pas précisément de la même idéologie, et Hergé me reste infiniment plus sympathique que Lovecraft).
Toutefois, Lovecraft continue de me mettre mal à l'aise (et pourtant, j'ai lu et relu son œuvre littéraire, qui m'impressionne toujours autant) dans la répugnance affichée à l'égard du mélange, du métissage, de la mixité, qu'il associe à l'hybridation monstrueuse. Certes, il est l'émanation de la société blanche de son temps, mais on peut lui reprocher d'avoir médité sur le sujet ; d'une certaine manière, il a dépassé les a priori, les préjugés racistes, pour les intellectualiser, les théoriser, voire les rationaliser dans ses textes. Et ça, beurk, ça pue!
A ce titre, je le rapprocherais volontiers d'un Céline, dont l'écriture est inouïe, mais dont l'idéologie clairement affichée (et ce n'est pas exactement la même, là encore) reste nauséabonde (et elle est perceptible dès Le voyage au bout de la nuit).
Bref, Lovecraft est un écrivain génial, a sans doute une personnalité complexe, mais reste un type éminemment déplaisant à mes yeux!
Esbehmj

le 06.05
à 09:39

  
J'aurais voulu le dire aussi bien que Senrad et je pense en effet qu'on a rarement dit ou estimé que Lovecraft était l'unique raciste du cru. Et ce n'est pas la peine de se projeter 100 ans en arrière, notre présent est assez riche en idées nauséabondes et faussement "nouvelles". De même, "l'excuse" "j'ai (même) un ami ..." (remplissez les pointillés par tous les épithètes que vous voulez mais je ne désire en écrire aucun car un tel début de phrase ne devrait être ni complété ni même pensé) n'en est clairement pas une. La création et la représentation "physique" des monstres du Mythe et de leurs alliés est sûrement autant le résultat de l'aversion de Lovecraft pour les céphalopodes que de son rejet de personnes humaines qui d'après lui n'appartenaient pas à son "monde". Toute comparaison valant ce qu'elle vaut, cela me fait un peu penser au lien entre la "re-création" des vampires et la survivance d'une peur dans les Balkans et l'empire austro-hongrois face à l'avancée des armées ottomanes aux temps modernes. À notre époque, les zombies et la crainte amplifiée des virus depuis quelques années...
En tout cas, merci Senrad pour avoir écrit ce que tu as pensé (et l'inverse).
Melrindeau

le 06.05
à 12:05

  
Senrad, tu fais trop d'honneur à Lovecraft en disant qu'il avait intellectualisé le racisme. Lui ou Howard n'était que des auteurs de fiction, leur trip était le récit d'aventure épique, d'horreur, ou fantastique. De plus, ils écrivaient dans des pulps, un genre méprisé par la "vraie" littérature et les intellectuels, justement. Lovecraft n'a jamais publié un livre de son vivant, et Howard désespérait de placer ses récits historiques ailleurs que dans des pulps. Leur coeur de cible, c'était les ados. Sans Derleth pour l'un, et Sprague de Camp pour l'autre, ils seraient sans doute tombés dans l'anonymat. Ils ne se sont pas fait connaître pour la promotion d'idéologies frelatées, et n'ont pas pondus des pseudo essais où ils tordaient les faits et bidonnaient les chiffres pour donner une apparence de travail universitaire. Ils n'ont pas servis d'alibi culturel à des mouvements politiques extrêmes. Du moins, je n'ai pas connaissance que le KKK les ait invoqués quand il défila en 1923 à Washington (35000 personnes quand même), par contre D.W.Griffith et son film "Naissance d'une nation". ..
Pour ce qui est de Céline, théoricien zélé de l'occupant, je rapprocherais plutôt Lovecraft des activités de Maurice Chevalier question promo. Esbehmj, on n'a pas dû lire les même papiers. Rarement dit ou estimé entre gens qui le connaissent vraiment, comme sur ce forum, ou de bons documentaires, je te l'accorde, mais chaque fois que les médias grand public évoquent Lovecraft (comme dernièrement pour Locke and Key), il y a un neuneu pour parler de son racisme sans mettre en perspective son milieu comme nous le faisons ici, cherchant à faire le buzz avec du pas reluisant. C'est comme les attaques contre le jeu de rôle dans les années 80-90, les gens bien informés savaient qu'il était sans danger, mais Mireille Dumas et Abgrall se répandaient à la TV et dans les journaux. On fait porter à Lovecraft un chapeau trop large pour lui. Effectivement, le racisme n' a rien de nouveau, mais il est heureusement moins toléré, et un certain nabot rachitique a été condamné pour incitation à la haine raciale.
Quant à Hergé, son pseudo racisme a fait long feu, mais les infox meurent aussi difficilement qu'elles naissent facilement. Jusqu'au Lotus Bleu, Hergé ne se documentait pas, et ne savait pas ce qu'il allait raconter d'une semaine sur l'autre, voir avant de se trouver devant sa planche, il dessinait "au fil de l'eau", et puisait dans l'imaginaire, et les clichés populaires. D'ailleurs dans le lotus bleu, il y a cette scène où il décrit à Tchang la vision qu'ont les occidentaux des Chinois, clichés qui auraient alimenté l'aventure sans la rencontre des 2 artistes Belge et Chinois. Tintin au Congo n'est vu, pour les gens blancs ou noirs qui n'ont pas un penchant polémiste, que comme une vision naïve, puérile et ridicule, pas pire que la revue nègre et Joséphine Baker dansant nue avec un pagne de bananes.

Que les étoiles vous soient propices

Senrad

le 06.05
à 18:08

  
Entièrement d'accord pour Hergé (et c'est bien pour ça que je ne vois guère de raison de l'incriminer plus que ça) : il était seulement en prise avec l'air du temps, et comme tu le dis si bien, il diffuse seulement les clichés de son temps dans ses premiers albums (c'est vrai de Tintin au Congo comme de Tintin en Amérique), et c'est bien Tchang qui l'oblige à évoluer dans son processus créatif (en gros, ne plus raconter de conneries, en se documentant...). Hergé me semble assez influençable, même artistiquement : voir sa tentation récurrente de redessiner ses albums pour les moderniser (je pense à l'île noire). J'avais lu par ailleurs une intervention de Franquin passionnante qui reconnaissait honteusement qu'il avait commis des caricatures antisémites dans la presse du temps de l'Occupation, constatant avec le recul des années qu'il avait été sous influence d'une opinion largement répandue, hélas dans l'air du temps à l'époque. Il n'en était pas fier.
Je place Robert Howard dans la même case : ses récits d'action placés dans le sud des Etats-unis (je pense aux Ombres de Canaan) représentent les citoyens américains noirs exactement comme le cinéma des années trente qui lui est contemporain, avec les mêmes clichés racistes. Stupides, ils ne peuvent exercer que des activités de serviteurs (c'est dans leur nature d'esclaves) et vivre sous la protection de la population blanche. Ce sont de grands enfants (voir Autant en emporte le vent, Cabin in the Sky). Ou alors ils suscitent les débordements de fanatiques abolitionnistes (John Brown, voir La piste de Santa Fé, à peine plus tardif : 1941).
La différence de Robert Howard avec Hergé, c'est qu'il met en scène la violence qui résulte de la tension générée par la ségrégation.
Je ne perçois pas Howard Lovecraft de la même façon. Je disais qu'il théorise. Certes, il n'écrit pas d'essai mais il dépasse le simple (et néanmoins insoutenable) préjugé raciste propre à la société américaine de son temps pour l'intégrer à la philosophie qui guide ses récits d'épouvante. C'est la raison pour laquelle je parle d'intellectualisation du racisme : parce qu'il l'intériorise et l'intègre à l'idéologie qui sous-tend ses nouvelles, celle, globalement, d'une société de la Nouvelle Angleterre entrée en décadence du fait du métissage (qui est globalement son obsession), symbolisée notamment par l'hybridation. C'est aussi la raison pour laquelle je le rapproche d'un Céline.
A côté, Maurice Chevalier me paraît bien inoffensif (c'est plus de l'opportunisme qu'autre chose).
J'ajoute que si les récits de Robert Howard s'adressent à un lectorat adolescent de l'époque, j'en suis moins convaincu pour Lovecraft, dont l'écriture, mais aussi le vocabulaire et les références culturelles me paraissent nettement moins accessibles.
Melrindeau

le 10.05
à 16:10

  
L'erreur que cherchent à tout prix à éviter les historiens, c'est de juger le passé avec les standards moraux actuels. Il y a en plus ici une sous-estimation du cauchemar raciste que représentaient les USA au début du XXe, avec par exemple ses lois de ségrégations raciales, ou plus trivial, les rôles de noirs joués par des blancs grimés dans les films (au moins jusqu'en 1943, dans le film de Jacques/Jack Tourneur, : Vaudou (I Walked with a Zombie))
Avec le pompon à ceux qui confondent "On a rarement dit ou estimé..." avec "je n'ai pas noté dans les rares documents que j'ai lu ou entendu..." (par exemple un doc il y a 15 ans), ça fait gars qui se prend pour un spécialiste parce qu'il a lu la page wiki d'un sujet.Lovecraft était un type mal dans sa peau, et inadapté à son époque, qui a puisé dans ses névroses pour écrire des chefs d'oeuvre, un petit joueur question pamphlet raciste, face à Henry
Ford (le constructeur auto), qui a pondu des brûlots nauséabonds.
Je mets les racistes dans le même sac de l'intolérance que les anti-racistes (à ne pas confondre avec les gens normaux non racistes), leurs caquetages parano sur la peur de l'autre m’indiffèrent. Mais où je dis stop, c'est quand un prix de SF cesse de couronner le vainqueur avec un buste de Lovecraft, à cause des cris d'orfraie de moralistes à 2 balles, quand dans une série, on débaptise une résidence, par peur des polémiques, ou récemment, quand un éditeur de jeu de rôle est obligé de justifier
l'usage de Cthulhu, et de lovecrafterie. Le racisme ordinaire, c'est plus compliqué que des généralités bateaux comme le cliché du beauf qui a toujours son pote étranger comme alibi ( je préfère le concis au laborieux), je préfère des films comme "Devine qui vient dîner ce soir", "Tick tock, et la violence explosa", ou plus prés de nous "Qu'est ce qu'on a fait au bon Dieu". De même, Lovecraft est passé du stade de réac passéiste, nostalgique du XVIIIe, pour le retour à la perruque poudrée à celui de partisan d'un socialisme à l'américaine, applaudissant le New Deal, mais pour percevoir ses remises en question, il faut plus qu'un documentaire, ou une interprétation de ses nouvelles, susceptible d'erreurs (voir avec Tolkien ). Je laisse le mot de la fin à S.T.Joshi, fréquemment "dit ou estimé" LE spécialiste de Lovecraft :
« La décision me semble une façon lâche de céder à la pire sorte de politiquement correct, et une adhésion explicite aux calomnies grossières, incultes et tendancieuses contre Lovecraft propagées par une petite mais bruyante bande d’agitateurs ».

Que les étoiles vous soient propices

Esbehmj

le 12.05
à 10:46

  
Merci à Senrad pour la clarté et la tempérance de ses propos.
Vonv

le 12.05
à 11:55

  
Super intéressants ces échanges.
Esbehmj

le 12.05
à 16:18

  
Pour plus de précision, voici le documentaire, passé sur France 3, en 1998, dans l'émission un siècle d'écrivain de Bernard Rapp, bien avant Wikipédia... Je l'avais alors enregistré et gardé en VHS. Une critique de cette émission sur Welcome to Nebalia :

http://nebalestuncon.over-blog.com/article-le-cas-lovecraft-de-patrick-mario-bernard-pierre-trividic-111273790.html

Et pour finir (?), j'aurai dû écrire "je" au lieu de "on". Pour le reste, nous avons le droit d'avoir des avis (légèrement?) différents, j'espère qu'ici nous pouvons encore débattre. Je ne me suis jamais auto-proclamé spécialiste de H.P.L., mais est-ce que cela justifie que je décroche le pompon ou que je sois rabaissé au rang d'inculte manifeste et crasse ? Sur ceux, s'il faut désormais passer une licence en lovecrafterie décernée par S.T. Joshi pour donner un avis sur un auteur (avis qui n'était en aucun cas une critique sur la prose d'un autre contributeur) et si ce simple avis, résultat d'un humanisme personnel et d'une certaine fréquentation de l'oeuvre de HPL (lue et relue régulièrement depuis plus de 30 ans), cause autant de remous, eh bien ! Je préfère migrer, et sans regret, vers un forum bienveillant. L'ignare, neuneu, bas de plafond et autre gars qui se prend pour vous salue bien.
P.S. : pour certains, essayez la camomille, ça calme bien.
Senrad

le 12.05
à 20:09

  
Je crois bien avoir regardé cette émission de Rapp consacrée à Lovecraft, mais j'ai oublié son contenu... C'était un chouette programme.
Il y aurait effectivement beaucoup à dire sur les personnages noirs dans le cinéma hollywoodien de l'Age d'or. Je reviens à Cabin in the Sky (le premier film de Vincente Minelli) : une comédie musicale mettant en scène des personnages noirs soit naïfs soit retors ; j'ai fait observer à mes filles, qui le regardaient avec moi qu'en voyant ce film, on avait l'impression que la société américaine était entièrement noire, alors qu'en regardant Chantons sous la pluie, par exemple, on ne voyait que des blancs! Le fait est que ce cinéma décide de ne pas montrer le mélange : on observe deux sociétés qui ne se croisent jamais. C'est assez stupéfiant. Ce choix délibéré tend à vouloir inventer à l'écran une société "idéale" selon le critère ségrégationniste. On remarque d'autant plus les exceptions : par exemple, Le pirate de Vincente Minelli, qui intègre dans les numéros musicaux de Gene Kelly et Judy Garland un duo exceptionnel de danseurs noirs, les Nicholas Brothers (qui avaient travaillé auparavant au Cotton club, au côté de chefs comme Duke Ellington ou Cab Calloway).
Que Lovecraft soit "un petit joueur question pamphlet raciste face à Henry Ford", je veux bien le croire. Il va de soi que Lovecraft n'avait pas la surface médiatique d'un Ford, sans doute l'un des hommes les plus puissants du pays, pour diffuser des messages racistes. Je n'ai pas dit du reste que Lovecraft produisait des pamphlets racistes, il intégrait sa pensée raciste à sa production littéraire romanesque. Quand je l'ai comparé à Céline, je ne pensais pas du tout aux textes pamphlétaires publiés par ce vilain monsieur pendant la collaboration (et je ne tiens pas à les lire, du reste), qui relèvent de l'argumentation, mais à ses romans (et en particulier Le voyage au bout de la nuit).
mais pour ma part, je ne pourrai pas mettre les racistes et anti-racistes dans le même sac, quand les uns prônent la tolérance face à l'intolérance, je ne tiens pas à mélanger les torchons et les serviettes : y'a pas photo, la violence est d'un côté pas de l'autre.
"Le cliché du beauf qui a toujours son pote étranger comme alibi" ne me semble pas hélas relever de la "généralité bateau", parce que c'est une justification que j'ai bien souvent entendue, et je ne pense pas être le seul. (j'atteins la taille limite du message, je continue dans le suivant).
Senrad

le 12.05
à 20:32

  
Quant aux films Devine qui vient dîner ce soir ou Qu'est-ce qu'on a fait au bon dieu?, je ne les vois pas vraiment comme du cinéma, mais davantage comme des films prétextes, pour le coup assez opportunistes et idéologiquement quelque peu rances : dans les deux cas, il s'agit d'obtenir un certificat d'anti-racisme en démontrant que les membres d'un milieu traditionaliste/conservateur/réactionnaire/bourgeois/dogmatique (rayer la mention inutile) peuvent évoluer, s'adoucir, changer grâce à l'intervention bénéfique d'une jeune génération plus ouverte/moderne. Bref, tout est finalement pour le mieux dans le meilleur des mondes possible. Là est l'hypocrisie : le conflit est caché, la résolution est mièvre et consensuelle, pour renvoyer au spectateur une image rassurante de lui-même et de sa classe, qui n'est finalement pas fondamentalement mauvaise, puisque le Pater familias un peu rude ou coincé et raciste (Spencer Tracy ou Christian Clavier) est finalement capable de trouver qu'il peut y avoir du bon chez "ces gens-là" (les minorités visibles) . Bref, circulez, y'a rien à voir, tout va bien : ce n'est pas vraiment un cinéma de questionnement, mais plutôt de certitude : rassurez-vous, tout le monde s'aime, la classe dominante/possédante ne nourrit aucune antipathie ni aucun mépris envers les minorités, finalement le racisme n'existe pas. C'est une évacuation ou une négation du réel qui ne me satisfait pas parce qu'elle est illusoire et simplificatrice. Donc, bof bof.
J'irai plutôt chercher mon plaisir dans un film tout autant grand public : les aventures de Rabbi Jacob.

Entièrement d'accord en revanche sur l'hypocrisie d'une forme de censure visant à faire en sorte qu'on ne parle pas des sujets qui fâchent, avec cette affaire de buste de Lovecraft (mais je n'en avais pas entendu parler : peux-tu nous préciser les circonstances?) N'étant pas détenteur d'un doctorat es Lovecrafterie, je ne sais rien non plus de cette affaire de résidence débaptisée (une résidence Lovecraft?), ni de cet éditeur devant se justifier de produire un jeu lovecraftien : peux-tu nous en dire plus?
Ça me rappelle l'autocensure de certaines maisons de production (Warner détenant les droits de MGM) mutilant les dessins animés de Tex Avery ou de Hanna et Barbara (Tom et Jerry), pour faire disparaître toute allusion aux minorités américaines : ainsi La cabane de l'oncle Tom de Tex Avery, invisible en DVD parce qu'il reprend et détourne les poncifs d'un roman raciste dans son paternalisme. Une aberration.

Bien à vous.

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