Forums ■ Blogs ■ Toceur(euse)s  » Chat
La TocCyclopédie ■ Les Epoques
Mieux jouer la folie : PNJ "fou" 2 - Discours
Un commentaire (dernier de Vonv) [329]
Jouez l’incohérence du discours de manière cohérente :

Très souvent, il faut bien le dire, le contenu majoritaire de ce qui se déroule autour d’une table de JDR passe par le discours. Dans le cas d’un PNJ « fou » il serait dommage de ne pas passer par le discours direct et l’incarnation, mais comment y arriver sans tomber dans le cliché ?

Déjà, comme je le disais dans le premier article, on évitera deux choses particulièrement délétères : dans le « contenant » du discours, on évitera les changement de voix caricaturaux ou les variations de tonalité qui n’apportent pas grand-chose et dans le « contenu » du discours on évitera le « n’importe quoi » qui part dans tous les sens.
En pratique un discours délirant/incohérent n’est pas non plus nécessairement ralenti ni accéléré. Ces deux aspects extrêmes qui correspondent au rythme du discours, sont plutôt l’apanage du syndrome dépressif et maniaque respectivement.

Voici trois types de discours "incohérent" avec des astuces pour bien les jouer :

- Désorganisation des idées : typique de la schizophrénie, c’est celui qui sera le plus difficile à bien jouer et à bien imiter. Il correspond à un « relâchement » des liens logiques et des associations d’idées. La pensée n’est pas forcément (voire pas du tout) accélérée mais parfois bloquée et « contaminée » par des interférences (qui peuvent être des voix que le patient écoute mais dont il ne parle pas toujours et auxquelles il ne répond pas !). C’est un type de discours qui peut être très perturbant à entendre. En pratique, il faut éviter à tout prix d’en faire quelque chose de comique et l’improvisation peut être difficile. Il ne doit idéalement pas être joué avec agitation et peut être plutôt calme, lointain et « embrumé ». Il faut le voir comme le discours de quelqu’un qui ne parle presque plus le même langage que ses pairs et qui ne se rend souvent pas compte qu’il n’est pas compréhensible. Les mots sont parfois utilisés pour un autre sens que le leur (paralogie), de façon tangentielle, comme si le sujet s’approchait d’un sens sans jamais l’atteindre, il est vague, flou, hermétique, et le malaise doit venir de l’impression qu’il n’est pas possible de vraiment se comprendre. On peut ajouter des pauses soudaines (barrages) et progressives après diminution du volume de la voix (fading) dont le sujet n’a pas conscience, avec une reprise du discours comme si de rien n’était. Il ne faut pas nécessairement placer une anomalie à chaque phrase et la désorganisation peut gagner à être plus discrète.

- Syndrome délirant : là ce n’est pas nécessairement la manière dont les idées sont exprimées qui est anormal mais véritablement leur contenu. Une idée délirante est une croyance erronée associée à une conviction forte et inaccessible au raisonnement habituel. En terme d’écriture du personnage il faut se poser la question de comment est construit son délire. Bien souvent, lorsqu’il existe une unique conviction délirante, le reste du discours peut être parfaitement normal (exemple, une petite mamie persuadée que sa sœur, avec qui elle est brouillée, l’empoisonne lentement aux métaux lourds et qui par ailleurs est une petit mamie tout ce qu’il y a de plus normal) il faut donc simplement imaginer l’effet de cette idée unique sur le reste de discours, (délire systématisé en secteur). Cependant, il peut exister un ensemble d’idées associées et organisées entre elles et « débordant » sur l’ensemble des champs de la vie comme une « théorie du complot » (délire systématisé en réseau) et finalement, on peut assister à une pensée délirante désorganisée (délire non systématisé), dont il n’est pas du tout possible d’extraire une logique interne. Gardez bien en tête ces trois niveaux d’organisation (secteur/réseau/non sytématisé) qu’il ne faut pas confondre et qui conditionnent beaucoup le discours. En pratique seul le dernier sera souvent associé à une désorganisation des idées. Un délire systématisé peut être parfois plus perturbant qu’un délire non systématisé, par le doute qu’il peut instiller chez les PJ sur sa possible réalité et dans ce cas, le discours en lui-même sera rarement désorganisé. La question plus détaillée du syndrome délirant est un point qui méritera un article à lui tout seul.

- Syndrome maniaque : apanage du trouble bipolaire, celui-là est finalement celui auquel on aura trop souvent tendance à ressembler à nos dépends et c’est dommage parce qu’il est plutôt (vraiment) comique et ses ressorts dramatiques sont assez modestes. Ici, le discours sera marqué par une accélération de la pensée et des association d’idées qui ne sont pas « relâchées » comme dans la désorganisation, mais qui vont très vite et reposent parfois sur des sons, des jeux de mot que le patient trouve amusants (ludisme). Il est souvent caractérisé par une désinhibition et une exaltation, parfois par une mégalomanie. Là le/la patient(e) à souvent conscience d’être drôle et en joue, sans limites, jusqu’à épuisement, ne dort pas, part dans tous les sens, il/elle est parfois irritable quand on veut l’arrêter mais parfois très sympa, avec des projets hyper ambitieux… Une forme particulière peut cependant être plus troublante et intéressante à jouer, c’est l’état mixte, c’est-à-dire la coexistence de cet état avec des idées très tristes et un risque suicidaire très important.

A très bientôt !



Tous les postes!
Archives
    Mars 2019
    


Tous les matériels trouvés sur ce site sont la propriété de leurs auteurs respectifs. Toute utilisation de ressource trouvée ici est régie par les Creative Commons. Logo & Déco intérieure par Goomi
Pour toute question quant à leur utilisation, contactez-nous: .