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contexte Louisiane - la Nouvelle-Orléans
Code noir, esclavage, gens de couleur --
Un « code noir » a été appliqué en Louisiane en 1724, régissant les rapports entre esclaves et maîtres blancs. Il s’agit d’une version assouplie du fameux code noir de Colbert (1689). Le code mentionne l’obligation d’une instruction religieuse et moral pour les esclaves, le repos dominical obligatoire et fêtes religieuses, encourage l’affranchissement et interdit les traitements barbares. L’affranchi, une fois libre, a les mêmes droits et privilèges que les gens nés libres. Le code interdit les relations sexuelles entre maîtres et esclaves de même qu’entre races différentes. Ce dernier point n’a jamais eu beaucoup d’effet…
De 1769 à 1805, les noirs libres passent de 7% à 33% de la population totale. Le début du XIXème siècle voit l’émergence d’une classe moyenne de « gens de couleurs libres » (free people of color). Pour l’immense majorité, la plupart de ces noirs sont des métis. En 1860, 80% des noirs sont esclaves et inversement, 70% des mulâtres sont libres dans l’Etat de Louisiane. L’immense majorité des gens de couleurs libres vivaient et vivent toujours dans le faubourg Marigny ou celui du faubourg Tremé, au-delà de Rampart Street.
Ils exercent alors des métiers comme maçon, charpentier, mais aussi médecin, ingénieur, architecte, et se revendiquent pour la majorité comme catholique et francophone. Bien qu’ils n’aient pas accès aux écoles publiques, de nombreuses écoles privées se sont ouvertes tout au long du XIXème siècle pour y accueillir leurs enfants. Toutefois, avec la fin de la guerre de sécession et la mise en place de la ségrégation raciale, les créoles de couleurs perdent leurs privilèges : c’est un monde qui s’écroule. Ces gens de couleurs libres se retrouvent ainsi associés avec le prolétariat noir, anglophone et protestant, qui venait d’être affranchi à l’issue de la guerre. Néanmoins, les créoles de couleur ont gardé un certain style de vie, une certaine éducation, et les créoles blancs sont certainement culturellement plus proches d’eux que des WASP américains.

« Plaçage », bal des quarteronnes –
Bien que les mariages et les relations sexuelles interraciaux soient interdits, un système appelé le « plaçage » ou « mariage de la main gauche » s’est rapidement mis en place en Louisiane française. Plusieurs raisons ont entraîné de facto des relations entre hommes blancs et femmes noires : le déséquilibre homme/femme de race blanche, le fait que ces mariages étaient arrangés par les familles sans que les enfants aient leur mot à dire, que les femmes noires esclaves avaient plus de chance de survie que les hommes, qui eux travaillaient dans les champs, ou encore, « la chaleur du climat [qui] irrite les désirs » selon Moreau de Saint Méry (Description de la partie française de St Domingue, 1796).
Des jeunes hommes blancs se mirent donc à entretenir des relations avec des femmes noires et si possible avec celles ayant déjà du sang de blanc dans les veines (et donc une couleur de peau plus claire : les mulâtresses ont ½ de sang blanc et ½ de sang noir, les quarteronnes ont ¼ de sang noir et ¾ de sang blanc etc ). Ces femmes étaient « placées » dans des appartements à la Nouvelle-Orléans et entretenues financièrement. Elles choisissaient aussi le plaçage et ce type de relations, non pas forcément pour la sécurité financière, mais pour les avantages raciaux y découlant. Les enfants qu’elles avaient eu avec leurs amants blancs étaient quelquefois envoyés en France pour y suivre des études et, surtout, obtenaient une part de l’héritage du père (même si celui-ci était marié à une femme blanche)
Puis s’est mis en place les « bals de quarteronnes » où des blancs rencontraient des femmes libres de couleurs. Celles-ci usaient de leur charme, de leur beauté, de leur sexualité desquels dérivaient notoriété, statut et argent. Les mères des quarteronnes étaient présentes au bal, et jouaient le rôle d’entremetteuse, afin de placer leurs filles auprès des riches blancs. Le plus connu était le Bal du Cordon Bleu, qui avait lieu tous les ans à la Salle de bal d’Orléans, attenante au Théâtre d’Orléans. La beauté des quarteronnes était réputée jusqu’en Europe.

Sources :
- Problems with Plaçage: Historical Imagination and Femmes de couleurs libres in Colonial and Antebellum New Orleans de Philip Whalen
- Black Female Agency and Sexual Exploitation: Quadroon Balls and Plaçage Relationships de Noël Voltz (these)
See also: www.gensdecouleur.com


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